25.10.2007
Parcours
Partant de la rue de Belleville, des marches de la maison d'Edith Piaf à sa tombe sombre mais brillante des reflets du soleil...
Déboucher sur le Boulevard de Ménilmontant pour finalement arriver au Cimetière du Père Lachaise.
Découvrir un lieu à l'atmosphère étrange. Où le silence règne autant que les chuchotements des touristes à la recherche de la pierre tombale de ceux qui les ont fait rêver.
Déçues ou émues, reprendre les allées du cimetière abîmées par le temps, par la vie ; frémir devant les stèles funéraires érigées en mémoire des déportés et puis sourire devant celle d'Oscar Wilde.
Se laisser guider par ses pas et sortir dans une ruelle ensoleillée. Attraper un bus et délaisser les immeubles parfois délabrés ou décrépis, vieillis par les occupations du 11ème. Remonter la rue de Charonne pour prendre le métro plutôt rare.
Descendre du métro surchauffé et se retrouver nez à nez avec les façades écrasantes et rutilantes du 8ème arrondissement. Récupérer la rue de Courcelles pour retrouver le boulevard Haussman. Apercevoir la pagode et retrouver un lieu familier.
Rendre visite à Fragonard pour quelques instants dans ce Musée. Cet escalier, ces parquets, cette odeur pregnante de cire, ces velours, ce tableau d'Ucello, ces plafonds, ces tentures, et la frustation de la photographe qui m'accompagne. En admiration devant une bergère frappée par les rayons du soleil.
Détour rapide sur les Champs Elysées - où les supporters anglais cherchent à tous prix une place pour la finale de rugby - par le Virgin avant de repartir vers le 16ème arrondissement.
En route pour un petit salon de thé. Loin de l'agitation de la rue de Passy. Loin des vitrines rutilantes.
Perdu face à la petite église de la rue Jean de Bologne, le salon de thé pour lequel elle a fait 1 000 km. Elle est comme ça mon amie. Rien ne l'effraie et surtout pas les jeunes écervelées à nos côtés.
Le crumble aux fruits rouges est un délice acidulé et la marquise au chocolat sent divinement bon. L'estomac comblé pour un temps, nous repartons dans la rue de Passy. Je veux lui montrer cette vue du Pont de Bir Hakeim.
Mon endroit. A cette heure tout prend une dimension magique.
Les reflets du soleil sur la Seine ondoyant sous le vent ou bien à cause des péniches glissant doucement vers l'Ile Saint Germain. Les arbres le long des quais irradient d'un jaune automnal à rendre fou le Van Gogh des Tournesols. Et sous nos pas, l'ombre des colonnes.
Se diriger vers la Gare de Lyon. Vérifier que le TGV sera bien au rendez-vous demain et savoir qu'on aura le coeur gros. Comme à chaque départ.
Prendre la rue de Bercy et récupérer le Pont Charles de Gaulle. Passer devant la Gare d'Austerlitz. Traverser le Boulevard de l'Hôpital et franchir les grilles du Jardin des Plantes.
Le crépuscule est là. Déjà. Bercé par les grilles qui se ferment, le Jardin s'endort doucement. Le soleil disparaît derrière le bâtiment de zoologie et au loin en contrejour on ne distingue plus que le minaret blanc de la Mosquée.
Le thé est là. Chaud, sucré. La magie opère comme toujours. Les serveurs parlent arabe, non c'est du kabyle. Les parfums mêlés de cannelle, menthe et fleur d'oranger réveillent des souvenirs que je préfère taire. Je ferme les yeux et comme un poète en ses écrits, je voyage...
Sortir et remonter le long de la façade blanche, faire face aux portes majestueuses. Reprendre la rue Lacépède et tenter de rentrer dans les Arènes. Mais trop tard, le parc est déjà fermé.
Au détour de la rue de Navarre et de la rue Monge, montrer cette fine arête d'immeuble et sourire devant la mine médusée de notre reporter.
Remonter la rue Lacépède pour déboucher sur la Contre Escarpe. Un cracheur de feu fait des siennes.
Reprendre la rue Mouffetard et trouver le petit restaurant savoyard. S'y arrêter et manger la tartiflette tant convoitée.
Marcher encore, mais dans le froid cette fois. Suivre des yeux le Panthéon, passer devant la bibliothèque Sainte Geneviève, Sainte de Paris et se souvenir. Encore.
Continuer par la rue Cujas, reprendre à droite pour descendre la rue Victor Cousin. S'arrêter deux secondes devant la Sorbonne. Suivre la rue Champollion et passer devant le Reflet Medicis flambant neuf. Tiens, ils passent Diamants sur canapé...
Déboucher devant la statue de Montaigne et admirer la façade du Musée du Moyen Âge. Je t'y emmènerai si tu veux. Pour saluer la Dame à la Licorne.
Redescendre une petite rue le long du jardin médicinal, traverser le boulevard Saint Germain. Descendre une petite rue et déboucher devant l'Eglise Saint Severin.
Oui comme dans la chanson de Delerm.
Entendre l'agitation de la rue de la Huchette et retrouver le glacier italien.
S'y réfugier pour se réchauffer.
Repartir, rue de la Huchette, Pont Saint Michel avec à droite une vue imprenable sur Notre Dame d'une blancheur spectrale au milieu de ce ciel si noir.
Traverser l'Ile de la Cité, apercevoir le sommet de la Tour Saint Jacques frimant dans sa nouvelle robe et arriver Place du Châtelet.
Sa fontaine, ses théâtres, sa colonne et le métro qui va pouvoir nous ramener.
Et retrouver la rue de Belleville...
17:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Commentaires
il y a tout... absolument tout... le voyage semble long mais pas du tout ce sont les plus belles ballades... Redecouvrir Paris à pieds.
Le reve... les odeurs, le froid parfois, puis ce changement brusque d'un quartier à l'autre... ressentir le coté ostentatoire d'un et le côté plus "convivial" plus chaleur d'un autre...
Voilà comment je voulais le retrouver et elle y est arrivée...
Je ne le dirais jamais assez ce petit bout de femme est une Perle...
Merci pour la ballade... je m'y voyais encore
Ecrit par : Fa | 26.10.2007
Pfffff, alors là je suis scié totalement... Note magnifique, j'aimerai avoir le dixième de ton talent pour écrire. J'ai presque honte d'écrire mes bêtises chez moi après t'avoir lu... :-) ;-)
D'autant que le visage de Fa, je le connais dans ces moments là, je me rappelle du Mont St Michel, du Cimetierre Américain de St Laurent et surtout de la petite fille qu'elle était redevenue par deux fois en une journée en voyant des bateaux dans un petit port près de Cherbourg sur le sable parce qu'elle découvrait ce que c'était une marée basse et d'Omaha Beach le même jour parce qu'elle se prenait l'histoire de cette plage en pleine tête...
Ecrit par : Arno Du Saint Kant | 26.10.2007
FA> "Petit bout" faut pas exagérer non plus, hein ...
Pour la perle, une expo t'attend à la grande galerie de l'évolution... Et de rien pour la ballade, j'en ai plein d'autres en réserve ;)
Ecrit par : Virgule | 26.10.2007
Arno> Merci beaucoup... Plus que du talent, c'est juste le coeur qui parle. Et continue d'écrire tes bêtises, elles sont plutôt intéressantes surtout celles concernant Radiohead :) ...
Ces plages dont tu parles je les connais bien, je les ai parcourues, j'ai pleuré en bas des falaises. @ bientôt
Ecrit par : Virgule | 26.10.2007
Et bien voila maintenant je sais pourquoi elle "s'enfuit" de la maison .... Note magnifique j'avais l'impression d'être avec vous !!!!
Ecrit par : Doudou | 26.10.2007
Doudou> Oui elle s'enfuit, mais c'est pour mieux revenir...
Ecrit par : Virgule | 26.10.2007
Superbe balade :) )))
Ecrit par : pyrome | 27.10.2007
Salut,
Un petit commentaire tardif peut être, mais "the last but not the least" comme on dit en outre manche. Le rythme de ta note, tes mots qui virevoltent retranscrivent parfaitement l'euphorie initiatique pour Fa et ton plaisir de lui faire découvrir une ville qui semble avoir des facettes insoupconnées... Paris, ce ne sont pas que des batiments et des lieux, c'est une atmosphére et une Histoire... Quel plaisir ce serait de découvrir cette ville avec quelqu'un comme toi qui l'aime et la ressent à travers tout son être. Car pour écrire comme ça, c'est que forcément les pensées sont imprégnée de cette harmonie... Et alors cette note nous renvoie à nos propre souvenirs de découverte et au plaisr, l'extase et l'euphorie qu'elle procure...
Une trés jolie note, et surtou tout simplement "merci"
A plus
Le chameau
Ecrit par : chameau | 30.10.2007
Le Chameau> Merci... Et encore merci.
Au plaisir de vous faire découvrir d'autres facettes d'une ville que j'apprends chaque jour à aimer.
Ecrit par : Virgule | 31.10.2007
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