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30.11.2007

La mer de glace

b1e6b1fbbbedb7e559f98029392a38ae.jpgJe me souviens de ce jour où pour la première fois de ma vie j'ai vu la mer gelée.

Dans le port de Rauma en Finlande.

Le soleil brillait, les mouettes me parlaient, le vent soufflaient doucement, le froid était saisissant.

Epuisée par le froid, la marche de 6 km, la mauvaise nuit, le trajet interminable en bus, je suis arrivée au bout de la rade du port. Et là, c'est comme si je pouvais toucher du doigt le bout du monde.

A cet instant précis, j'ai senti une sérénité m'envahir, une chaleur parcourir l'intérieur de mon corps et je me suis sentie si bien, si vivante.

La mer gelée. Et mon regard porté sur l'horizon. Sur l'azur du ciel.

Lorsque je parviens à m'oublier, je me souviens de cette image, de cette plénitude.

Lorsque j'attends, non que j'espère, une réponse je pense à cet instant.

La mer gelée et mon regard tourné vers l'avenir.

10:23 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

29.11.2007

Morphée

Le sommeil me fuit depuis une semaine.
Morphée ne me tend plus ses bras si réconfortants.

Le monde me semble plus lent, moins brusque et pourtant je sais qu'il n'en est rien.

Les klaxons dans ma rue sont plus stridents, les voitures vont plus vite, et si je ne me dépêche pas davantage, je vais finir écrasée par cette Audi rouge. Mon pied glisse, mes genoux me réceptionnent brutalement. Le choc fait trembler mon épine dorsale.

Je me relève, sourit à cette vieille dame qui m'épaule.

Je descends les escaliers à cloche pieds et je me souviens alors de ces parties de marelle dans la cour de récréation...

Le métro est plus bruyant, plus chaud, plus étouffant. Je tombe sur ce siège et regarde défiler les stations. Ce carrelage blanc me donne soudainement la nausée. La tête me tourne.

Je voudrais tant être au creux de ses bras, la tête sur son épaule et sentir cette torpeur si particulière.

Cette femme à talons court dans les escaliers. Je le sais, je le vois.

Et pourtant, la mesure de ses pas est comme suspendue dans l'air.

Tac

Tac

Tac

C'est comme le ralenti d'une caméra au cinéma.

J'avance dans les couloirs de cette station tentaculaire. A droite, comme tous les jours, je vais trouver ce vieux monsieur aux yeux rieurs, la flûte au bec, j'avance comme à reculons. Chaque pas m'éloigne un peu plus de lui.

J'arrive sur le quai. Le métro est là.

Je me demande si en me dépêchant je pourrais monter dedans... Ce serait mieux. Je ne serais pas en retard.

Mes pieds ne suivent pas la cadence. La sirène retentit, le métro part.

J'avance en tête de quai et m'assoie en attendant la prochaine rame. Je sors mon livre, mais les lignes taquines se chevauchent, se dédoublent et s'entremêlent pour créer une langue que je ne connais plus.

Le métro arrive, je m'engouffre dedans, il s'agit de ne pas le rater.

Je ferme les yeux, et l'espace d'un instant, je suis déconnectée de cette réalité.

Je suis loin, au soleil, dans le sud, ailleurs.

Je sens l'embrun de la mer caresser doucement mon visage, mes épaules découvertes frémissent, mon cou est offert au soleil et à ses lèvres.

Les vagues murmurent à mes oreilles une mélodie si apaisante.

J'aimerai tant pouvoir m'abandonner complétement dans ses bras si reposants.

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26.11.2007

L'un part, l'autre reste

C'est un soir d'automne. Un soir d'automne de couleur rouge. Flamboyant.

Le crépuscule est froid, et pourtant son manteau est ouvert sur cette chemise qu'elle aime tant et qui a vu tant de choses.

Le col élimé de son manteau est relevé. Ses épis sont taquins ce soir. Elle aimait jouer avec le matin pour le réveiller.

Il faut rentrer, la nuit tombe, son frère les attend. Il lui a promis un tour de moto.

La forêt disparaît derrière un brouillard épais, d'une humidité pénétrante. Elle a froid.

Remontez sur ton scooter.

Elle ne met pas ce casque qu'elle déteste. Lui non plus d'ailleurs.

Ils veulent sentir le vent sur notre visage, ils veulent se sentir vivants. Il démarre doucement, et le ronronnement du moteur accompage les effluves de son parfum. Il sent tellement bon. Elle se blottit contre son dos. Comme si c'était la dernière fois.

Sa main joue encore avec ces épis. Tu lui souris, je le sais. Je devine ton sourire ravageur dans le rétroviseur.

La route tourne, se retourne et s'enroule autour de vous. Prisonniers du bitume.

La nuit est là, sombre et inquiétante mais si tranquille, si silencieuse. Un silence de mort.

Le vent continue de gifler leurs joues rougies par le froid. Ses yeux pleurent. Ses mains continuent de serrer ta taille, sa poitrine suit le mouvement de ton dos. Je me demande si tu sens son coeur battre.

Ses oreilles sont froides, son nez aussi. Elle le réchauffe contre ton cou, et ta tête essaie de rencontrer la sienne doucement. Ton regard croise alors le sien dans ton rétroviseur.

Elle pensait y trouver la joie, elle a vu la peur.

Tout devient froid, gluant, noir.

Juste le bruit sourd de deux corps qui tombent. La tôle froissée, brisée et ces casques qui roulent.

Et puis plus rien.

Rien que deux trous béants à mes pieds.


Vous me manquez. Je pense à vous. 5 ans déjà...

14:10 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

23.11.2007

Tendre la main

Lorsque je me promène je suis souvent choquée par des images que je vois de plus en plus.

Tantôt une femme enveloppée de la tête aux pieds assise son enfant dans les bras, entonnant une complainte à vous faire froid dans le dos.

Là sur cette bouche d'aération du métro, un jeune endormi dans son duvet tentant de ne pas mourir de froid. Cet autre encore à deux pas des grands magasins en train de jouer à la console, accoudé sur ces cartons, les chiens à ses pieds.

Saluer d'un signe de tête ce vieux monsieur au sourire si doux et qui nous tend la main chaque matin sur chaque marche du métro.

C'est comme s'ils faisaient partie d'un décor à qui on ne prête plus la moindre attention.

Et puis tous nos regards fermés, nos silences gênés, nos remarques déplacées, parfois cruelles, souvent méchantes.

S'arrêter pour donner ne serait qu'un sourire, un peu de pain, une soupe ou bien autre chose.

Leur tendre la main simplement et leur demander comment ils vont.

Car ce sont toujours des Hommes.

Plus jeunes ou plus âgés qu'importe.

17:43 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

22.11.2007

Laisse moi...

Laisse-moi te réveiller chaque matin qui s'offrira à nous.
Oublie les klaxons, la sonnerie du réveil.
Ecoute simplement le sifflement de la bouilloire. N'ouvre pas les yeux, reste allongé et sent cet arôme d'agrumes.

Laisse-moi t'accompagner, je te montrerai un autre chemin.
Oublie les grandes avenues, les boulevards surpeuplés.
Viens avec moi dans ces rues pavées, ces ruelles confidentielles où la pierre chuchote encore.

Laisse-moi te montrer les levers de soleil sur la Seine, je t'emménerai le long des quais.
Le vent s'engouffrant dans les mailles de ton pull de laine, les péniches tanguant doucement, la Seine murmurant.
Regarde le ciel rosit, les quais s'illuminent et la vie reprend.
Soudain.

Laisse-moi t'imaginer à mes côtés, dans mes pensées.
Tu es celui qui m'inspire, me soutient, me console et me supporte.

Laisse-moi te rêver comme je le fais devant ces toiles de Maîtres pour qui j'aurai voulu poser.

Laisse-moi croire que tu es là, devant moi. Vivant.

Laisse-moi espérer que tu m'attends.

Et dans un simple regard, laisse-moi vivre.

15:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note

20.11.2007

La pluie

La pluie tombe comme un voile ce midi.

Abritée sous ce belvédère je contemple ma ville.

Les voitures sont rares aujourd'hui, quelques passants dans la rue, un groupe de sapeurs pompiers courent en cadence et me dépasse rapidement, leurs chaussures froissant les feuilles mortes des platanes.

J'aime Paris sous la pluie. Tout est recouvert de fines goutellettes, l'odeur de l'herbe et du sable viennent caresser mes narines, et tout se couvre d'un rideau transparent.

Pour découvrir là cette maison, cet arbre, cette statue, il faut traverser ce rideau. Le regard est plus aigu, l'ouie plus fine. Votre acuité est décuplée.

Vous avancez de plein fouet ou vous le contournez doucement, patiemment. Comme cette statue de lion en haut de la fontaine.

La pluie continue de tomber dans une cadence régulière.

J'aime cette musique. C'est comme si je livrais bataille

Les serres du Jardin Tropical perlent doucement et j'imagine le trajet de cette goutte de pluie tombant du fond du ciel qui glisse sur cette arête de métal pour s'échouer ensuite délicatement mais fermement dans le coeur de ce gigantesque palmier. Elle s'y engouffre , elle y roule avant de finir sa route absorbée par la terre.

Un peu comme une larme roulerait sur ta joue et viendrait s'écraser sur tes lèvres.

Et au fond de moi résonne la Mer

18:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

19.11.2007

Bientôt

Dans moins de 15 jours, je vais jouer les mamans et vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis impatiente.
Mes voisins pourraient même vous dire que je fais des claquettes tous les jours tellement je trépigne...

Dans moins de 15 jours, Alexandre, l'homme de ma vie, aura un an.

Là, je viesn justement d'avoir ta maman au téléphone et je sais déjà ce que je vais t'offrir...

Et ça c'est mon plus beau cadeau.

16:29 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

17.11.2007

My Loneliness

Les arbres le long de la nationale sont encore givrés de la froideur de la nuit.
Le soleil rougoie et se couche sur les champs laissés en jachère.
Aucun bruit autour de moi.

Assise sur ces rochers que je connais si bien.

Je contemple pour la dernière fois ces fabriques qui ont abritées sous Napoléon III ce que Gérard de Nerval appelait les Fêtes Galantes. Je n'ai pas d'appareil photo avec moi et je le regrette.
J'aurais tant voulu prendre ces platanes jaunissant en photos, ces fougères rouillées par l'avancée de l'hiver et le lichen stratifié sur mon piédestal.

Et puis en y réfléchissant bien, je me dis qu'il vaut mieux enfouir cette vue dans mon esprit, elle rejoindra le flot d'images, d'odeurs et de sons qui constituent aujourd'hui mes souvenirs et finalement celle que je suis à cet instant.

René Char a dit "Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l'amour." J'aime cette citation, elle m'inspire...

Ces paroles ont d'ailleurs suscité certaines réflexions que je préfère conserver pour moi. Camouflées sous une fine couche de mystère et d'inconnu. Au fond de mon être et de mon coeur.

Il avait sans doute raison mais comme pour toute règle, une exception doit venir la confirmer.

Je ne suis pas amoureuse mais solitaire. Mes promenades en sont le fruit. Mes photos et dessins le résultat

Cette solitude, je la cultive par choix et davantage par protection, elle me nourrit. Je ne m'en plains pas.

J'ai appris à me taire. J'apprends chaque jour à écouter. J'essaie de ne pas juger.

Cette solitude m'aide aussi à choisir ceux et celles à qui je fais confiance tout en maintenant une certaine distance ou pudeur ; parce tout dire n'est pas la meilleure façon de se dévoiler justement.

Et parce que cette solitude peut parfois permettre aussi de partager une vie.

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18:45 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

15.11.2007

Où comment je redécouvre Paris

Il est certain que je pourrais vous dire que j'ai très mal aux pieds depuis deux jours, que je suis fatiguée de me lever aux aurores pour aller travailller...

Mais voyons le côté positif de ne plus avoir de métro. On se ballade, on se promène, on erre dans sa ville.

On redécouvre des endroits simples, une boutique de déco près d'Arts et Métiers où un café m'a fait de l'oeil, mais j'étais encore loin. Une librairie de livres anciens spécialisés aussi dans la vente de vieilles cartes, et, oui, une boutique de chaussures. Il ya aussi les gens qui sont perdus que vous aidez du mieux que vous pouvez (j'ai pas option GPS encore), ceux qui veulent marcher avec vous, alors que vous souhiatez vous continuez votre route en solitaire, et puis il ya aussi tout ceux qui sont en train de s'apprêter à s'endormir sous une seule couverture de cartons. Là, ça fait mal.

Mais le matin, on peut également contempler pour quelques minutes un soleil rougoyant au dessus de la Seine.

La lumière rosée, vient caresser doucement les façades de Notre Dame, et là, bizaremment, malgré le froid, malgré les ampoules, et bien vous souriez...

13:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

13.11.2007

Underground

Underground.
C'est le titre d'un de mes films favoris. Emir Kusturica.

J'aime ce personnage mélange intéressant de cultures, de brutalité et de de délicatesse, un touche à tout formidable que ce soit en musique, au cinéma ou même à l'Opéra. Je frisonne encore en revoyant la scène magique de Herderlezi

Hier soir, alors que j'attendais les jambes frigorifiées par un vent insidieux sur l'Avenue de l'Opéra mon amie, je confirme mon passage à un concert. Sans grande conviction car je suis fatiguée et que je n'ai qu'une envie rentrer en haut de mes quatre étages et me réfugier dans mon cocon.

Auparavant, je me rends à la Bibliothèque Nationale (rue de Richelieu) pour un vernissage sur l'exposition retraçant les 25 ans du Théâtre de l'Athénée. C'est très amusant de revoir les débuts de comédiens que j'affectionne particulièrement et puis de voir que la programmation a toujours été écclectique...

Et puis, l'atmosphère qui règne dans ces vieux murs est incroyable, ça sent le parchemin même à certains endroits. La cour est illuminée et lorsque je risque un oeil pour admirer cette cours, j'aperçois un étudiant en train de fumer sa cigarette.

A la sortie, il fait toujours toujours aussi froid, le vent continue de fouetter mes jambes. Et là, je regrette de n'avoir que des ballerines au pied.

Marchant vite et profitant de nos 5 dernières minutes (:)), nous recueillons chacune nos confidences et à ce moment là, je me sens bien. Les épais nuages de la journée sont passés.

Passer sous les arcades de la Comédie Française, remarquer que la Fontaine de la Place Colette est toujours en marche, traverser la rue Saint Honoré et se retrouver sur la Place du Palais Royal devant le Louvre majestueux.
J'aime cette vue de Paris. La nuit.

Nous nous engouffrons dans le métro, direction Châtelet, j'aurai pu marcher mais je suis fatiguée en retard et toujours frigorifiée. Les ballerines, vraiment, c'est fini.

Sortie Rue-Saint Denis. Le quartier est anormalement vide. La rue de Rivoli est calme, éclairée des néons multicolores des différentes enseignes.

A ma droite, sort de sa bâche, la Tour Saint Jacques, toute de blanc vêtue. Apparition spectrale.
Rapide coup de fil pour rejoindre mes autres amies. Dîner sur le pouce dans un petit boui boui qui fait office de Diner américain. Un peu comme dans le café de Retour vers le Futur...

Nouvelle sortie et c'est là que tout commence.

Immersion dans un autre monde que j'ai évité durant 10 ans. Et là tout revient, les odeurs, le bruit, les semelles qui collent au sol, l'encre du tampon sur la main ...

Le Klub. C'est une scène minuscule cachée au fond de la salle comme un secret d'alcôve.
Il fait noir, seuls les intruments sont éclairés.

Je vois ma copine, morte de trouille avant de rentrée sur scène. En noir, gilet de cuir, collant et bottes.
Femme fatale. Ses cheveux défaits et juste un crayon d'eye-liner sur les paupières.

Sur scène, elle est une autre mais tellement elle. Elle apparaît telle qu'elle devrait être. Elle est en harmonie avec elle, son corps, sa guitare, la scène.

Soudainement je vois l'incarnation de PJ Harvey et de Joni Mitchell devant moi...

Trois chansons et c'est déjà la fin. C'était un petit set ... Je voulais rentrer juste après, mais l'ambiance du bar m'a tellement accrochée que je décide finalement d'attendre la fin du concert.

Là, je redeviens moi même toutes les barrières tombent, je discute à droite à gauche, fume deux peut être même trois cigarettes. Et là je savoure cet instant. Ce goût, cette saveur, cette sensation de brulûre aussi...

Quelques groupes passent, nous devenons pour un temps des fans de Lazy Daisy (rock énervé genre Aston Villa sous acide)

Je m'apprête à partir et là, je suis littéralement hypnotisée par le chanteur qui vient de rentrer en scène.
Grand, mince, sa bière à la main, sa guitare blanche en bandoulière. Et ses boucles noires tombant sur son regard.

Là, nous savons que nous allons vivre un moment à part. Les réglages sont plus longs et les musiciens plus à l'aise, plus vieux aussi.

Anton, débarque sur scène torse nu, les cheveux attachés, un grain de beauté sur la hanche, juste au dessus de sa guitare. Le chanteur qui est le sosie de Vincent Elbaz est planté au micro et lance son premier accord.

A cet instant, je suis coupée du monde, je n'existe plus. Je suis loin. Transportée par cette musique qui n'est pas la mienne mais qui nous fait vibrer à l'unisson. Nous chantons avec eux, nous dansons avec eux, je danse avec le chanteur. Nous sommes ensemble, et nous sommes vivants.

Il est déjà tard, et je ne veux pas partir. Mais le métro, lui, ne va pas m'attendre.

Récupérer mes affaires, mon manteau, enfiler mon pull, remettre mes lunettes, pousser cette lourde porte en fer, monter cet escalier, saluer les vigiles.

Le vent me fouette le visage, et je cours attraper mon métro Place du Châtelet.

Les oreilles encore bourdonnantes.

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03.11.2007

Ero dietro te

Aujourd'hui en faisant un dernier tri dans les affaires laissées chez mon frère, j'ai retrouvé des photos.
J'y ai revu des vacances heureuses lorsque nous étions encore petits et que le mot famille signifiait encore quelque chose ; j'ai revu des gens qui nous ont quittés, d'autres que j'ai perdu parce que la vie nous a emmenés sur des chemins différents. Et puis, j'ai retrouvé ces photos de Bretagne.

Mes premières vacances d'amoureuse.

Je me souviens de ce minuscule village près de Locmariaquer, de ce camping sur le bord des falaises et du chemin qui courrait le long de la plage, tu sais, celui où nous allions chaque soir admirer la Lune se reflétant dans les flots.

Je me souviens du bruit de ressac de la mer contre les rochers, je me souviens du craquement des branches de genêt sous nos pas, des ronces accrochant les lacets de ces baskets que j'avais cherchées dans tout Paris, parce qu'elles étaient de la même couleur que mon ciré.

Je me souviens de cette odeur de sel et de bruyère, et puis aussi celle de ton tabac que tu gardais roulé dans ta poche ou bien calé au fond de ta poche avec tes clés de voiture. Elles ne te quittaient jamais, elles, tu pouvais ainsi partir n'importe quand à l'autre bout du monde si ça te chantait.

Je me souviens aussi de ta main sur mon épaule, sur mes hanches ou contre mes reins.

Je me souviens de ton souffle dans mon cou alors que j'essaie de prendre une photo de cette falaise calcaire si particulière. Le vent m'envoie de plein fouet ton odeur, odeur que je peux encore sentir aujourd'hui. Tu sais j'ai toujours gardé le tee shirt que tu as oublié. J'avais encore l'espoir secret que tu viendrais le rechercher un jour. Ton parfum hante parfois mes nuits et lorsque je me surprends à le croiser dans le métro ou sur un autre que toi, je m'évade. C'est instantané. Ce parfum...

Je me souviens aussi des moments interminables d'attente derrière la fenêtre de ma chambre ou bien du château où je travaillais. Où nous travaillions. Mais si souviens-toi aussi, c'est toi qui m'a aspirée sur cette barque, le long des rives de ce parc sous les saules, puis dans ta vie.

Je détestais mon téléphone car je me languissais de t'attendre. Je ne faisais rien que t'attendre. La nuit, le jour.
Et pourtant, c'était si bon de t'attendre pour te retrouver ensuite.

Je me souviens aussi de nos premières disputes, de nos discussions interminables quand nous prenions la voiture et que nous allions où bon nous semblait, des réveils, des dîners, des promenades, des baisers fugaces, des larmes, de tes mains...

Je me souviens aussi de ton départ. Je savais que tu partirais. Tu me l'avais dit. La seule chose qui ne te quittait jamais était la clé de ta voiture.

Ce jour-là, les feuilles de l'acacia étaient pratiquement toutes à terre tourbillonant dans les rafales de vent. J'attendais ton appel depuis trois jours. Je jouais avec la chaine que tu m'avais offerte et qui ne quittait jamais mon cou. Le ciel cotonneux virait au noir. Je savais que j'allais entendre ta voix embarrassée me dire que tu allais finalement partir à 5 000 km de là.

Tu savais que je ne t'accompagnerai pas. Je ne peux pas partir là-bas. Tu le sais, l'homme en blanc me l'a répété cent fois.

Et puis cette maudite sonnerie a finit par retentir et tu t'es évaporé comme les feuilles de mon acacia.

Envolé...

Plus d'odeur, plus de discussion, plus de ballades, plus de téléphone, plus de projets, plus de chaîne autour du cou, plus rien.

Juste un grand vide et ce parfum imprégant tout mon être. Habit Rouge.

Aujourd'hui, je me souviens et je souris. Tu es avec moi pour toujours dans mes pensées et mes souvenirs mais tu ne hantes plus mes nuits et encore moins mon coeur.

Sans te l'avoir dit, tu ne m'as attendue, tu es parti.

Et tu es derrière moi.

23:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note