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15.12.2007
Si c'était à refaire
Je me souviens encore de cette tonnelle de chèvrefeuille que nous avons quittée un jour, mon frère, Maman et moi.C’était un vendredi soir d’août. On déménageait pour la première fois, et nous t’avions laissé là. Sous cette tonnelle.
Nos retrouvailles, comme nos Au Revoir, se sont toujours faits près du chèvrefeuille.
C’est difficile de grandir sans son père. Ce n’est pas insurmontable mais vous avez toujours l’impression qu’il manque quelque chose : une personne à table, en face de votre mère.
Un siège vide lors des réveillons.
Une absence lors des spectacles de fin d’année.
Une voix plus grave, plus forte lors des bêtises.
Et pourtant, tu étais là, vivant à quelques kilomètres de nous….
Tu n’as pourtant jamais fait le moindre effort pour nous expliquer ce qui se passait, tu venais nous voir, mais jamais tu ne parlais.
C’est installé alors une relation d’habitude : on arrivait le vendredi soir, on rigolait un peu avec le chat, nous regardions les nouveaux jouets, les nouvelles chambres, cette nouvelle maman qui parfois nous terrorisait par ces accès de colère.
Le samedi, nous faisions nos devoirs tous seuls parce que tu ne comprenais pas, ou bien tu allais jouer au tennis avec tes collègues que tu voyais déjà toute la semaine. C’est comme si tu nous fuyais Papa.
Et puis le dimanche arrivait, la promenade dans le parc, les vélos qui se coursent avec mon frère, vite il faut rentrer.
Pour repartir.
Combien de week-ends avons-nous passé à nous regarder sans discuter ? A parler sans s’écouter ? A vivre ensemble mais rien partager ?
Où étais-tu Papa lorsqu’on a eu besoin des tes bras pour être réconfortés ?
Aujourd’hui, tu veux t’occuper de nous. Mais Papa, il est trop tard, nous avons grandi, nous sommes adultes et nous avons appris à vivre sans attendre ton approbation, encore moins tes conseils. Nous t’avons aimé enfants, parfois nous nous surprenons aujourd’hui à vouloir t’éviter.
Et pourtant, dans un coin de mon cœur, je t’attends encore et toujours, sous cette maudite tonnelle de chèvrefeuille.
22:07 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
ah la fibre paternelle...le mien a toujours été présent.. enfin quand je dis présent c'est purement physique... car pour moi il était là sans être là...
faut vraiment que je te parle de mes geniteurs un jour... ouaip. faut vraiment..
Ecrit par : Fa | 16.12.2007
Moi, il a été carrément absent après mes onze ans, et je lui en ai beaucoup voulu. Cependant, maintenant il ne peut plus vouloir s'occuper de nous, il n'est plus là.
Le temps perdu ne se rattrape pas, mais tant qu'il est là, pourquoi ne pas lui laisser une petite chance ?
Ecrit par : peebee | 16.12.2007
Je suis bien concerné par ce sujet, ma fille est à 1300 km de moi. Mais je fais tout mon possible pour qu'elle sache que je suis là. Je ne veux pas qu'elle se sente délaissée, qu'un jour elle ait à penser que je l'ai abandonnée et qu'elle en souffre plus qu'elle ne peut déjà souffrir. Les enfants ne sont pas responsables des actes des adultes, mais en tant que parent, chaque acte risque d'avoir des conséquences affectives graves.
Des tas de personnes vivent ça. Et le problème c'est que ça concerne surtout les hommes qui oublient leur rôle même en cas de rupture.
Mais je suis d'accord avec Peebee. Ton papa n'a pas été là, mais il semble prendre conscience de ses erreurs si je comprends bien. Et même si il ne les reconnait pas ouvertement, on ne peut pas refaire le passé mais l'avenir se crée toujours. Alors oui, il faut laisser une chance à ceux qui font des erreurs. Essayer de comprendre les raisons même si ce n'est pas évident et même si on ne pardonne pas ce qui a été fait. Il vaut mieux tenter et se planter que d'avoir le regret un jour de se dire "j'aurai du lui laisser sa chance..." au lieu de se fermer...
Ecrit par : Arno Du Saint Kant | 17.12.2007
Fa> quand tu veux...
Peebee> contente de te voir ici ! Non je sais que ça peut paraître un peu dur, mais nous lui avons sa chance plusieurs reprises, j'y ai laissé quelques plumes. Et pourtant ça reste mon père, donc oui, je suis toujours là, j'écoute mais parfois je me mets en colère
Arno> Je peux dire que mon père a préféré fermer les yeux sur certaines choses plutot que de les affronter. C'est moi qui ait du le faire pour lui. Et non sans mal.
Alors oui, c'est dur à lire, dur à écrire, mais c'est comme ça.
Et je ne lui ai jamais fermé la porte bien au contraire, lui n'a jamais voulu l'ouvrir par orgeuil. Parce que c'est trop dur pour lui d'admettre qu'il a eu tort. Et ce n'est pas quand ses enfants approchent de la trentaine, qu'il faut leur dire comment vivre, parce que ça ils savent déjà e faire. Maintenant écouter, discuter partager oui. Mais les reproches non.
Ecrit par : Virgule | 17.12.2007
Et dans l'enfance tout parait si grand :) Je viens de lire un texte de Musset où il écrit:
"Comme ce lavoir est petit ! autrefois il me paraissait immense ; j’avais emporté dans ma tête un océan et des forêts, et je retrouve une goutte d’eau et des brins d’herbe."
Les évènements de l'enfance ont plus que d'autres un caractères indélébiles :)
Ecrit par : pyrome | 17.12.2007
Pyrome> exactement. C'est exactement ça...
Ecrit par : Virgule | 18.12.2007
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