« 2008-01 | Page d'accueil | 2008-03 »

22.02.2008

Daniel Poliquin a dit

"Une gare est le plus bel endroit pour des retrouvailles, parce que c'est normalement le lieu des séparations. En se retrouvant dans une gare, on a l'impression de conjurer le mauvais sort."


1421a270ce97cb7f4458dad5b86004e7.jpg


Marc Chagall, Les amoureux de Vence (détail), 1950

11:25 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

20.02.2008

Gros Problème et Cie

Parfois, nous souffrons de panne.
Panne d’inspiration, panne d’essence (ça m’arrive rarement, pas de voiture et surtout pas de permis, mais à Paris…) et panne de lecture.

Quand mon cerveau ne parvient pas à s’accrocher aux rochers d’une histoire, quand je me bute sur les écueils des mots, alors je suis triste, j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose. Je m’ennuie dans le métro, même ma musique ne rend pas les trajets plus courts. Et je tourne dans mon lit, je m’enroule dans mes draps quand je ne parviens pas à dormir car je n'ai plus rien à lire. Enfin presque.

Dans ces moments-là, je commence plusieurs livres pour les délaisser, en prendre un autre et tomber sur celui qui me redonnera l’envie de m’intéresser aux fantasmes et à l’imagination de quelqu’un d’autre.

Voilà donc ceux que j’ai commencé…

Le premier entamé fut à mon retour de Monaco, mais le titre aurait dû me mettre la puce à l’oreille, car à cet instant je n’avais peur de rien…

La vie me fait peur de Jean Paul Dubois.

Lui je l’aime.
Cet auteur est un journaliste que j’affectionne particulièrement, parce qu’il a un style. Son style. J’aime ses histoires, ses envies, ses angoisses, ses phrases. Et sa tignasse grisonnante.
Mais là, pour une fois, je n’ai pas été accrochée par ces premières pages. Pourtant je vous assure qu’il a le don de vous happer dans son histoire. Faites l’essai avec Une Vie française, vous verrez, c’est impressionnant : vous vous déconnectez peu à peu de la réalité pour devenir Paul.

J’ai ensuite tenter de lire Alabama Song de Gilles Leroy

C’est le Goncourt de cette année. Et pourtant je l’avais repéré bien avant. Oui, je sais beaucoup de gens le disent mais le titre m’avait interpelé lors de sa publication. Alabama Song ça sonne à mes oreilles comme une vieille mélopée jazzy qui résonnerait dans le bayou de Louisianne. J’avais réussi à passer le cap des trente premières pages (chez moi, c’est le seuil critique). Le style est enlevé, les personnages attrayants bien qu’un peu trop prononcés, et la forme intéressante (mélange de fiction et de biographie). Mais je n’ai pas eu envie de poursuivre l’aventure avec Zelda…

J’ai jeté mon dévolu finalement sur Une promesse de Sorj Chalandron

La simplicité de ses phrases, la façon brute qu’il a de décrire les émotions, le manque et le deuil m’ont époustouflée. Je suis toujours épatée de voir comment certaines personnes parviennent à décrire avec quelques mots les angoisses qui peuvent vous étreindre le cœur.
Mais je n’ai pas envie en ce moment de lire le deuil des amis qui nous sont chers. Je préfère aborder la vie sous un autre angle, car aujourd’hui j’ai envie de voir plus en avant de moi-même et d’aller au-delà de mes envies. Je voudrais les partager avec ceux qui sont nouvellement entrés dans mon univers et qui y ont, déjà, une place considérable.

Alors finalement, j’ai opté pour Gros Problème de Dave Barry. Reçu en fin d’année dernière, non pour mon Noël mais pour mon année supplémentaire.

Dave Barry, si vous êtes anglophones et amateur de presse américaine, vous le connaissez sûrement. C’est un champion de la chronique. Il a donc un ton un peu caustique et une façon d’écrire très brute, voire parfois abrupte, mais qui est très intéressante.

Donc Gros Problème, c’est l’histoire de Roger, un chien qui ne peut pas manger car un crapaud – qui se défend en vidant sur ses prédateurs une substance hallucinatoire – a élu domicile dans sa gamelle l’empêchant ainsi de manger ces croquettes (là j’ai une pensée particulière pour Oasis) et celle de Puggy un SDF qui loge dans un arbre sur Coconut Grove à Miami. C’est aussi l’histoire de Matt qui essaie de tuer Jenny pour gagner l’estime de ses camarades de lycée et être le vainqueur d’un jeu de rôles. C’est aussi l’histoire de Snake et Eddie, deux petites frappes, qui veulent devenir des gros bonnets enfin surtout Snake. Et puis c’est aussi l’histoire d’Eliot, ancien journaliste doué, reconverti dans la publicité qui est au bord d’un gouffre financier, affectif et finalement personnel.

Ce livre regroupe en réalité plusieurs histoires qui se rejoignent à un moment que je ne dévoilerais pas. Les situations infligées aux personnages sont toutes plus cocasses les unes que les autres et pourtant on se plaît à rire de ces incongruités. Et puis voir l'envers du décor de la Floride et de la ville de Miami -qu'on nous décrit toujours comme une cité balnéaire calme et tranquille- est jubilatoire, car on découvre une ville foutraque où les habitants ne s'étonnent plus de rien même pas d'une lame de fond ...
C’est caustique, cynique mais finalement tellement réaliste que cela en devient aberrant.

J’ai une madeleine littéraire et puis je trouve parfois des livres « récréation » comme celui-là. Parce qu’ils permettent de se reposer et de sourire. Ils nous distraient et quand je tombe sur l’un deux, je ne réfléchis pas au fait de devoir lire et finir ce livre. Non, je prends plaisir à le lire.

Et c’est finalement à ce moment-là que je peux tenter de m’attaquer à des romans que j’ai pris le temps de choisir et qui demandent calme, intérêt et désir.

Je vais donc m’atteler au Prince des Marées. Les autres seront repris plus tard, lorsque j’aurai oublié ces premières impressions qui brident mon envie de rentrer dans les entrailles des ces mots.

10:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

18.02.2008

Six choses

Voilà j'ai été taggé par Kinishao (http://sketchesofmyself.blogspot.com/).

Les règles du jeu:

Ecrire le lien de la personne qui nous a taguée (ok, c’est bon)
Préciser le règlement sur son blog (ça c’est fait, vous êtes en train de le lire)
Mentionner six choses sans importance sur soi (Moui…)
Trouver six autres personnes en mettant leur lien et prévenir ces personnes sur leurs blogs respectifs (euh oui, mais là c’est dur…)

Pour ce qui est des 6 choses sans importance (pour vous bien entendu mais pour moi ...) :

- J'ai la voix d’une petite fille au téléphone, alors parfois quand on me voit arriver, on a soit un choc, soit une surprise (bonne ou pas, je vous laisse choisir)

- J'ai des expressions – comment dire particulières- du genre « T’inquiète Paupiette ! » ou bien « C’est trop du ballon rond » ou encore « J’ai le sang qui tourne en eau de javel »

- J’ai deux grains de beauté sur le haut de l’arête nasale (voilà ce genre d’expressions…) qui faisaient dire aux enfants dont je m’occupais que j’étais une sorcière. Pratique pour Halloween

- J’aime bien rester dans mon lit pendant deux heures le dimanche et regarder des dessins animés (au lieu d’aller courir ou nager…) Et donc après en général je suis toujours en retard.

- J’ai toujours une écharpe autour du cou. Si, si été comme hiver

- J’ai toujours un carnet avec moi et je note pleins de choses dedans. Des adresses pour montrer des façades d’immeubles à des photographes, un restaurant rigolo, des dates de concert, des yaourts à tester…

Maintenant pour les 6 personnes, ça va être compliqué… parce qu’il ne faut pas en indiquer qui ont déjà été taguées…

Donc je dirais en fermant les yeux et au hasard : Peebee, Pyrome et puis tous ceux qui veulent !
Fa et Olivier (l'historien) y échappent… Parce qu'ils ont déjà été tagués

Amusez-vous bien ;)

11:17 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

15.02.2008

Romanesque...

Parfois, il suffit d’un seul mot, d’une seule virgule déplacée ou omise pour que vous vous mépreniez sur le sens de la phrase qu’on a voulu vous dire ou vous écrire.

De là, découle invariablement un malentendu qui fait alors surgir toutes ses frustrations et tout ce qu’on garde enfoui au fond de soi. L’heure des reproches arrive soudainement.

Le reproche qu’on me fait souvent (et à juste titre d’ailleurs) est que je ne parle pas beaucoup , que je suis mystérieuse. C’est vrai je suis d’une grande pudeur, je choisis toujours ce dont je vais parler, ce que je vais dévoiler, ce que je vais découvrir de moi.

Je suis pudique physiquement, spirituellement, moralement.
Adolescente, je me souviens, c’était un véritable calvaire d’aller aux goûters/soirées d’anniversaire parce qu’immanquablement, nous en venions toujours à des jeux stupides de confidences du type « Action ou vérité ? »

On posait d’ailleurs toujours les mêmes questions, pour que je joue à ce jeu, il fallait venir me chercher…

« Tu as un copain ? »
« Non, pour quoi faire ? »
« Qu’est-ce que tu fais le plus souvent le samedi après midi ? »
« Je lis et je dessine »


A chaque réponse que je pouvais faire, c’était au choix des éclats de rire ou des dénigrements, je ne peux pas leur en vouloir, je cultivais cette différence. Et je ne vous raconte même pas les cours de natation…

Aujourd’hui encore, je ne fais rien comme tout le monde.

D’abord, parce que ça m’ennuie, ensuite parce que je préfère suivre le vent. Mon entourage émet parfois quelques inquiétudes à mon propos, mes amis s’étonnent toujours de ne pas tout savoir à mon propos. Mais à quoi ça sert de tout savoir ? Donner des armes à celui qu’on a en face de soi ?
Se dévoiler pour moi, a plus souvent été synonyme de blessure que de partage. Alors oui, aujourd’hui, les écoutilles sont encore rouillées et difficiles à ouvrir, mais avec de la patience on arrive à tout. J’ai choisi d’être dans mon monde. J’ouvre la porte de celui-ci à certains, la referme pour d’autres.

Je prends toujours énormément de temps pour découvrir l’autre, mais s’il a ma confiance, je ferai tout pour lui. Souvent il doit s’armer de patience pour que je lui donne certaines clés qui pourraient l' aider à mieux me comprendre, parce que, comme tout le monde, j’ai mes blessures, mes faiblesses, mes secrets, mes souvenirs.
Longtemps, j’ai cru que ces choses là me rendraient plus fragile, plus faible alors même qu’on me demandait justement d’être plus forte et de ne pas me laisser aller.

Grâce à Elle, aujourd’hui, je les accepte ces blessures, ces gouffres d’incertitude et de doutes. Je réapprends à vivre avec eux et à les affronter quotidiennement. Mais il est encore difficile pour moi de partager mes démons.

Alors pour les oublier parfois, je mets de jolies lunettes roses, ou bleues, et j’avance. Je vis chaque instant le cœur léger, je ne pense pas à demain, sans pour autant -et c’est là, la complexité du personnage, vous en conviendrez- me bercer d’illusions.

Car je sais que chaque instant, chaque sentiment, chaque personne peut nous quitter d’un moment à l’autre. Moment que le Destin aura choisi.

Je ne suis pas trop réaliste, encore moins fataliste.

Non, je suis juste romanesque.

b612580c9bcda508b7e69af5b930836a.jpg


Rêveuse (détail) Renoir

23:45 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

14.02.2008

Arthur Rimbaud a dit

"Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser"

8f2f0c17de172c8497fef7c701c6fbe8.jpg

Le Baiser (détail) (1905), Gustav Klimt

23:15 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

11.02.2008

Ballades

C’est toujours à cet instant que les battements de mon cœur résonnent plus fort dans ma tête.
Je n’entends plus rien si ce n’est ces martèlements intérieurs.
Les gens défilent devant moi, ils filent comme des ombres, et soudain mon regard capte le sien. Tout s’arrête soudainement et tout ce qui m’entourait devient alors flou. Plus rien ou presque, n’a corps.

Seulement lui. Simplement lui et sa main dans la mienne.

Le soleil à Paris donne des couleurs à la ville, donnent des couleurs à la vie.
Elle est toujours plus colorée lorsque sa main est dans la mienne. Redécouvrir, les Buttes Chaumont sous le soleil, comme si le Printemps était déjà là. Regarder les gens courir, les enfants jouer à cache-cache avec les colonnes du Belvédère, admirer les toits de Paris. Et puis entendre soudain quelque chose qui arrête le temps, votre temps. S’envoler soudainement vers d’autres cieux et apprécier la douceur du soleil sur votre joue et celle de ses mains sur vos hanches.

Repartir l’après midi, vers le Jardin des Plantes, lui montrer les serres tropicales qui sont devenues un terrain de jeu pour beaucoup de photographes. Se dire, qu’il faudra revenir lorsque les allées seront plus désertes pour des photos et des instants précieux. En amoureux.

La Mosquée est pleine à craquer aujourd’hui, et ça devient rapidement étouffant. Il fait trop chaud, les conversations des autres résonnent soudainement plus fort et je me surprends à vouloir quitter cet endroit que j’aime. Il n’est pas comme je voulais qu’il soit pour une première découverte.

Reprendre ces petites rues et se rendre au pied de la Grande Bibliothèque. Le XIIIème est un arrondissement que j’aime bien. Tout en contraste. De petits immeubles, des petites maisons sur la Butte aux Cailles et puis ces grands ensembles abritant des magasins, des ateliers, des appartements… Une micro-ville dans une ville tentaculaire. On se sent soudainement très petit face à ces hauteurs d’immeubles et pourtant, avec Lui à mes côtés, je me sens entière et plus armée pour affronter ces géants de pierre et de verre.

Le soleil tombe derrière ces grandes façades et la fraîcheur du soir commence à nous surprendre. Nous arrivons sur l’esplanade alors que le ciel rosit et que les quatre tours s’illuminent.

Quelques heures passées dans le cinéma devant un joli film, et nous ressortons, je lui montre rapidement, trop peut-être cette bibliothèque que je fréquentais autrefois assidûment et nous rentrons. Le métro est désert ce soir…Une soirée douce et tranquille, de nouvelles discussions et de nouvelles découvertes qui assoient ce sentiment encore enfoui, que je ne suis plus seule.

Le soleil est toujours au rendez-vous. Il perce de ses rayons les rideaux de lin qui cachent mes fenêtres des regards de mes voisins. Repartir en ballade, au Père Lachaise cette fois. L’atmosphère de ce lieu est toujours prenante et comme à chaque fois, je deviens perméable. Je suis assaillie de part et d’autres par des émotions qui sont partagées par Celui qui m’accompagne. Je suis touchée de le voir soudainement si triste. Nous déambulons dans ces allées, le cœur gros, des larmes pleins les yeux et pourtant, oui pourtant, je me sens si apaisée à ses côtés.

A peine rentrés, qu’il faut déjà repartir vers cette maudite gare. J’aime pourtant cette horloge, je pourrai rester des heures à la contempler, mais aujourd’hui c’est un gouffre qui aspire celui que je ne veux pas laisser partir et que je voudrais garder prisonnier. S’il s’en va, je ne serais plus une mais une simple moitié.

Il est devenu mon geôlier, il a pris, je crois, les clés de mon cœur.

Les courants d’air sont toujours là, le soleil aussi.

Et les larmes sur mes joues.

14:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.02.2008

Alain a dit

"Aimer c'est trouver sa richesse hors de soi"

13:02 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

07.02.2008

Je fais mon cinéma

Dimanche soir, je suis allée voir Sweeney Todd, le diabolique barbier de fleet Street

Tim Burton, je l'aime beaucoup, parce qu'il a conservé un peu de fantaisie dans son esprit, c'est un doux-dingue et je l'aime bien. Je ne vous ferai pas un bref rappel de tout son talent et de ses élucubrations cinématographiques, oui, c'est un réalisateur particulier. Il a son monde à lui. Noir, un peu gothique comme disent les journalistes. Bref.

Ce film, je l'attendais avec impatience.

Parce que donc c'est le dernier Burton
Parce qu'il retrouve encore une fois Johnny Depp
Parce qu'il y a Helena Bonham Carter et Alan Rickman
Parce que c'est chanté

Et puis on nous dit à longueur de journée, que ce film est un chef d'oeuvre, que c'est le meilleur Burton...
Donc curieuse comme un vieux chat que je suis, je vais voir, non, vérifier cette rumeur.

Et là, comme vous vous en doutez, je suis déçue. Ma copine aussi d'ailleurs.

Outre la reconstitution de Londres (Magnifiquement glauque, dépravée... On s'attend presque même à voir Jack the Ripper sortir de ces entrailles/ruelles) et le couple Johnny/Helena ; et bien, le reste sonne très creux. Et non faux, parce que les bougres chantent plutôt bien.

Alan Rickman est sous employé, les autres personnages quasiment inexistants et surtout il n'y a pas de profondeur dans ses personnages. Si les décors sont très léchés, l'atmosphère très envoutante, les personnages semblent artificiels. Tout est prévisible, aucun incident ne perturbe cette sombre et esthétique peinture.

Seules les taches de sang (ressemblant à de la teinture Vermillon) viennent tâcher ce tableau.

Ce n'est bien sûr qu'un avis, si vous aimez l'univers fantasmagorique de Burton, vous adhèrerez probablement au film, mais ne vous attendez pas à retrouver la noirceur et/ou le cynisme qu'il avait mis dans Beetlejuice ou l'étrange Noël de Monsieur Jack... Et petit conseil, évitez de vous empiffrer avant d'y aller...


Sinon, je vous recommande Atonement (ou reviens-moi, qui est au passage une très mauvaise traduction...).
Le propos est très dur, mais les acteurs sont époustouflants et puis j'avais adoré le livre, alors...

Voilà, vous pouvez donc repartir vers d'autres lectures....

14:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

05.02.2008

Méditerranée

Réveil habituel et envie spontanée de lui montrer que je ne l'oublie pas.

Puis se prélasser dans son lit sous la couette de flanelle, regarder le soleil percer les rideaux de lin, la radio se met soudain en route et diffuse les douces notes d'un morceau de Madeleine Peyroux.

Lever tout en douceur...

Je cours sous la douche, (plus exactement je fais trois pas) pour me réchauffer, m'habille rapidement et file retrouver mes amies au pied de l'Institut du Monde Arabe .

J'ai décidé de marcher un peu ce matin.

Aucune envie d'être enfermée dans le métro. En ce moment, ce carrelage blanc, je le trouve terne, sans vie, sans âme.

Je débouche sur le boulevard Henri IV , puis sur le quai éponyme, un premier pont et là, j'aperçois ma ville telle que je l'aime.

La Seine brille, scintille, les coques des péniches vernies se reflètent sur les berges de l'Ile Saint Louis.

Le soleil m'apparait dans toute sa majesté : lumineux, chaud et éblouissant. Face à lui, sur ce pont, je me sens tout à coup minuscule.

Je dépasse rapidement le square et sur ma droite, j'aperçois le Pont de La Tournelle et sa Vierge guettant les passants ou les bateaux...

Je traverse rapidement les quais et retrouvent mes amies au pied de l'Institut. J'aime beaucoup ce bâtiment tout en transparence.

L'exposition que nous avons choisie est très intéressante et me rappelle pleins de choses que j'ai autrefois abordées lors de mes recherches. La Phénicie... Un pays et une civilisation mystérieuse.

Ce qui m'a le plus frappée dans cette exposition, c'est finalement de me rappeler qu'ils sont à l'origine de beaucoup de choses (l'alphabet notamment) qui ont été par la suite attribuées à d'autres grandes civilisations antiques : Grecs, Egyptiens...

Il est vrai que c'était une civilisation nomade et que peu de traces de leur art, de leur religion ou de leurs villes ont subsisté. Néanmoins, les vestiges exposés font preuve d'une parfaite maîtrise des outils et d'une connaissance stupéfiante des matériaux alors utilisés.

Cette incursion en Méditerranée s'est ensuite poursuivie à la librairie. Juste pour le plaisir de regarder les calligraphies de Salah, relire certains extraits de Gibran ou du Bréviaire Arabe de l'Amour.

A la sortie, le soleil nous accompagne toujours, et nous guide vers l'entrée du Jardin des Plantes.

Un pied à Paris et une oreille dans le Sud, nous arrivons devant ces grandes allées de pelouses, recouvertes de tulles pour protéger les plants. Les bananiers ont été coupés, mais le Dragon est toujours là.

La Mosquée est un endroit que j'affectionne. Certains qui viennent par ici vous le diront. J'y retrouve mes amis, des collègues et parfois des lecteurs. J'aime cet endroit parce qu'il est dépaysant, parce qu'il est coloré, parce qu'il est chaleureux et aussi parce que c'est délicieux ! (Je ne vous recommande pas les pâtisseries, non ruez-vous dessus! et puis si vraiment vous voulez déjeuner alors essayez le tagine Poulet-Olives-Citrons confits...)

Il fait beau et je n'ai aucune envie de m'enfermer dans une salle de cinéma pour voir les aventures d'un petit gaulois, nous partons donc pour la Grande Bibliothèque dans le 13ème. En bus, c'est plus agréable et puis on longe la Seine.

Ce quartier s'est transformé très vite. En 10 ans, les Moulins ont pratiquement disparu, des immeubles en verre ont surgi de partout et des boutiques dignes de Saint Germain narguent les chalands passant près de la Seine.

Après un tour sur l'esplanade de la Bibliothèque (ça me rappelle souvent les jetées en bois de San Francisco), nous nous engouffrons, frigorifiées par le vent, dans l'entrée de la Tour Ouest pour jeter un coup d'œil à des globes terrestres. Larges de 4 m de diamètre offerts à Louis XIV au 17ème siècle.

Mes vieux réflexes d'étudiante reviennent et je me plais à expliquer à mes amies la signification de cette iconographie...

Mais il est déjà temps de repartir.

En les quittant, je me dis soudain que je vais rentrer à la maison et qu'il ne sera pas là.
Une nouvelle fois, je sors de mon sac cette carte postale et je décide alors de la lui envoyer.

C'est dommage elle aurait été d'enfer dans ma salle de bains, mais je sais qu'elle sera encore mieux auprès de lui.

En attendant qu'il revienne.

12:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

04.02.2008

Ma Madeleine littéraire

Je ne sais pas si vous avez caché dans votre bibliothèque, niché au coin du coeur ou bien encore vissé à l'estomac, un livre qui ne vous quittera pas.

Ce livre que vous lisez lorsque vous avez des doutes, des interrogations, ou bien aussi, lorsque tout va bien que vous êtes heureux.

Ce livre qui vous émeut, qui vous touche et vous rappelle combien vous êtes vivants.

Ce livre pour moi, c'est Mon Bel Oranger.

Je l'ai relu pour la 25ème fois la semaine dernière. Je l'ai terminé dimanche et comme d'habitude, j'ai pleuré.

De colère, de rire, de fatigue et de joie aussi.

Je sais ce que tu vas dire que je ne dois pas vivre dans les livres. Mais dans celui-là, j'y puise une force, une Foi qui me pousse à aller de l'avant.

Parce que ce petit bonhomme de 5 ans battu par son père, par ses soeurs, pauvre à regretter d'être né car le jour de Noël sa sandale trouée est restée vide, vous désappointe.

Parce que son monde onirique lui permet d'échapper à sa (trop dure) réalité. Malgré tout, il conserve une joie de vivre, une envie de faire des bêtises qui vous arrachent des sourires.

Et puis surtout ce petit bonhomme découvre un jour la tendresse en la personne d'un seul homme. Il le choisit pour père et c'est cette tendresse, cet amour qui lui ouvre les portes de la sérénité. Comme nous lorsque nous rencontrons celui ou celle qui vous comprend.

Malheureusement, la vie est capricieuse. Elle nous reprend toujours ceux qu'on aime. Trop tôt. Il le comprendra violemment et tournera alors la page de son monde de rêves pour rentrer de plein fouet dans le monde des adultes à 7 ans.

Il y a une phrase de Zézé qui dit à son petit frère Luis : "il valait mieux lui conserver ses illusions le plus longtemps possible. Quand j'étais petit, je croyais à ces choses" Et bien moi, je suis comme lui, j'y crois encore.

Ce livre m'a suivie, me suit et me poursuivra.

Tu le liras un jour, tu verras.

23:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note