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28.03.2008

Schmapée

Hier je reçois un mail en anglais qui me dit qu'une de mes photos sur Flickr a été retenue pour être publiée dans le guide Schmap !

Là voici cette fameuse photo :

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Elle n'est pas belle la vie ?

Façade de l'Opéra Garnier, Paris, Août 2007.

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26.03.2008

Sauter

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Le vent souffle.
Il réveille mes épis encore hagards.

Le vent siffle.
Il entonne un chant inconnu à mes oreilles.

Le vent fouette.
J’ai du mal à respirer.

Le vent réveille mon cœur endormi.
Mes mains se réchauffent dans les tiennes.

Et devant ce panorama de la Méditerranée enragée et soulevée de vagues, près de cette citadelle, je distingue au loin un horizon serein.

Sur cette falaise de l’Ile du Gaou, où les vagues bleues viennent se briser sur ces roches blanchies par le sel, je sens encore si je ferme les yeux, les battements de ton cœur qui s’accélèrent lorsque je te dis que je t’aime.

Le vent poursuit sa route et abandonne sur cette falaise nos corps enlacés.
Pris au vent.

Le vent froid mais puissant de sentiments naissants.

Crédit photo : FA

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22.03.2008

Promesse

La pluie tombe en fines gouttelettes, presque invisible, elle laisse tomber un voile mince sur la route, les arbres, les voitures et sur ce quai de gare.

Tout brille comme peut-être ces yeux scintillent.

Sans lunettes, l’acuité est plus difficile. Elle ne distingue pas grand-chose, la nuit est très noire et son cœur bat de plus en plus fort au fur et à mesure que les minutes s’égrainent et qu’il se rapproche de cette petite gare.

Ce soir est plein de promesses et elle cherche dans le regard de celle qui l’accompagne un signe de réconfort…

Soudainement le grincement des roues sur les rails se rapprochent, les battements résonnent plus forts jusqu’à vouloir s’échapper. Soudain, elle ne distingue plus rien. Soudain, elle n’entend plus rien à part le bruit sourd de son cœur contre ses tempes.

Boum

Boum

Boum

Comme si elle s’endormait, comme si elle s’échappait de son corps, elle regarde la scène qui se déroule sous ses yeux : le train qui s’approche, les gens qui descendent heureux, fatigués, anxieux peut-être.

Son amie qui se dirige vers une voiture.

Elle reste en retrait près des escaliers.

Le train ralentit. La pluie continue de tomber en voile léger, comme un rideau devant une fenêtre. Comme si elle l’enveloppait pour protéger du regard ces retrouvailles.
Cette première rencontre.

Le bruit strident des freins s’arrête. Le train s’immobilise alors. La porte s’ouvre et laisse s’échapper une casquette blanche. Un uniforme de marin se dessine dans la porte de cette voiture de métal, et elle voit enfin son regard.
Brun, doux, impatient, heureux.
Peut-être.

Les tempes bourdonnantes, elle s’approche doucement. Elle dépose ses lèvres sur ses joues piquantes, elle ferme les yeux ; elle sent son parfum, respire son odeur. Telle qu’elle la devinait.

Une bise appuyée sur la commissure des lèvres, je ne me résous pas à desserrer cette étreinte.
Je ne veux pas quitter ses bras… Je me dégage doucement et laisse mes yeux humides plonger dans son regard.

Et je décide alors de m’abandonner à cet instant et de laisser mes lèvres goûter les siennes.

La vie est pleine de promesses depuis

01:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

21.03.2008

Bouche salée

Le goût du sel.
Il a le goût du sel dans la bouche.

Il ne sait plus si ce goût est celui de ses larmes ou bien celui des gouttes de sueur dégoulinant de ses tempes, de son front, de son cou.

Il fait chaud.
Il fait terriblement chaud, il va peut-être enlever sa veste kaki mais il sait qu’il dévoilerait alors ce polo blanc. S’il ferme les yeux, il sent le doux parfum de la lessive, il entend le bruit des pas de son épouse dans cet escalier de bois, le bruit sec et bref du linge qu’on secoue avant de l’étendre.

Son acuité lui révèle soudain qu’il doit se terrer encore plus profondément dans ce sol rocailleux. Derrière ces murs de pisé encore debout, comme en équilibre.

Le feu du métal lui brûle la paume des mains.
Il n’a qu’une envie laisser courir ses mains autrefois si fines, si soignées sur son ventre arrondi, sentir le poids de ses seins, prendre ses hanches et s’enivrer de cette odeur sucrée de jasmin.

Il se demande soudainement si ses mains pourront un jour aimer de nouveau. Il souhaiterait oublier le rouge du sang, le noir de la poudre, le brun des brûlures de sa mitraillette.

Le râle du berger le ramène soudainement à la réalité. Il a reçu le toit de la bergerie sur la tête au moment où il s’apprêtait à lui enfoncer son couteau entre les cotes. Là où on peut atteindre l’estomac ou le cœur. Son père lui a montré lorsqu’il était petit alors que les bottes de cuir noir envahissaient le château familial.

Cet homme va mourir. Il le sait, il pleure. De peur, de rage, de dégoût, de fatigue.
Il voudrait pouvoir l’aider, il s’approche de lui en rampant, lui essuie le visage.
Un de ces yeux n’est plus là, la mâchoire est brisée, il ne peut plus parler. De toute façon que pourrait-il dire à cet homme en vert venu d’un autre pays ?
Il lui tient la main, fixe son seul œil et surveille le moment où la dernière expiration laissera échapper de son corps brisé son âme.

Et puis doucement, le silence de la mort s’installe. Le vent souffle soudainement sur cette terre brûlée, les cadavres des moutons disséminés le long du chemin. Le blanc de la toge du berger rougit et lui pleure, crie…. Il veut mourir. Car même s’il sort de ce village, pourra-t-il dire à sa femme qu’il a volé, tué, torturé, égorgé ?

Soudain un cri déchire le souffle du vent et résonne sur ces parois calcaires.

Le goût des larmes
Le goût du sel dans sa bouche.
Et le sursaut de douleur dans les draps de flanelle.

76 ans et depuis 46 ans toujours ces cauchemars, ces souvenirs, ces regrets.

Cette honte d’être vivant.

09:26 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

20.03.2008

Anatole France a dit

"C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore"

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17:13 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

17.03.2008

Si j'étais...

Voilà, comme je suis de mauvaise humeur (que dans mon infinie bonté je vous épargnerai) et que j'ai retrouvé un petit questionnaire ciné, et bien je m'y colle.

Une comédie francophone : La Grande Vadrouille
Une comédie étrangère : Four Weddings and one Funeral
Une comédie de moeurs : Alice ou Celebrity
Une comédie musicale : My Fair Lady
Une comédie dramatique : E.T
Un drame : Fur a portrait of Diane Arbus, l’Amant, Out of Africa , Gorilles dans la Brume, Adieu ma Concubine…
Un film d'action : Heat
Un film d'aventure : Indiana Jones
Un polar : LA Confidential ou le Silence des Agneaux
Un thriller : Usual Suspect
Un film d'horreur : Rosemary’s Baby ou Scream (moi ça m’a fait très peur…)
Un film de SF : Abyss, l’Armée des douze singes ou Solaris (version George..)
Un film à costumes : Les Liaisons Dangereuses ou le Temps de l’Innocence
Un film de guerre : La Ligne Rouge ou Apocalypse Now
Un film de série Z : Glitter
Un western : Pour une poignée de dollars
Un film d'animation : Le Roi Lion
Un court métrage : La Lettre (Michel Gondry)
Une pub : Celle pour les Knacki Ball
Un vidéo clip : Michael Jackson Thriller ou Björk Homogenic
Un film muet : Napoléon d’Abel Gance (1926 ou 1927 je ne sais plus)
Un documentaire : L’ennemi intime de Patrick Rothman ou plus récemment celui de Gilles de Maistre
Un reportage : là c’est plus complexe. Je dirai ceux de Capa pendant la Guerre d’Espagne
Une musique de film : En ce moment celle de Gabriel Yared pour The English Patient
Une réplique qui vous a marqué : M. Dufayel à Amélie : « Voilà ma petite Amélie. Vous n'avez pas des os en verre. Vous pouvez vous cogner à la vie. Si vous laissez passer cette chance alors avec le temps c'est votre coeur qui va devenir aussi sec et cassant que mon squelette. Alors allez-y, nom d'un chien. »

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13.03.2008

Babylone

7a8d77a2d8b787ff58166049fc678a10.jpg Hier soir, j'ai été assisté au vernissage de l'exposition "Babylone" au Louvre.
J'avais demandé à une des amies de m'accompagner car je ne voulais pas déambuler toute seule dans les allées de cette exposition et puis surtout parce que c'est toujours mieux à deux.

Le Louvre en nocturne, c'est toujours un plaisir. Les façades brillent de mille feux, les couloirs sont un peu vides et la foule est moins dense. Envie de partager cela avec ceux qui ne sont pas avec moi.

Cependant, j'avais omis un détail d'importance. Le Vernissage étant limité dans le temps (deux jours), il a rassemblé énormément de monde : des journalistes, des touristes, des professeurs, des étudiants, des passionnés et des amies...

Je ne dirai rien sur les pièces exposées, elles sont magnifiques, bien exposées, bien éclairées et vraiment d'une facture sans faille. Les sculptures, les statues, sont imposantes tant par leur taille que par leur perfection : on parvient parfois même à distinguer le grain de la pierre au détour d'une articulation sur ce bas relief. Les tablettes de cire recouverte de symboles qui mises bout à bout deviennent un vrai poème...
Voir des pièces datant du 21ème siècle avant JC, moi, ça me fait toujours quelque chose.

Ensuite, après cette partie très "archéologique", nous découvrons plusieurs salles dédiées à Babylone à travers les livres, les peintures, les gravures... Et je vous avoue que nous avons été déçues. Non par la beauté des manuscrits ou des toiles (La Tour de Babel de Bruegel l'Ancien...)d12109b5d8afa50bc43d19f8ca685b4a.jpg, mais par l'aspect soudainement érudit qu'a pris cette exposition.

Encore une fois, je trouve que ce genre de manifestation s'adresse davantage à des spécialistes (qui s'y perdent eux aussi parfois) et que la pédagogie est totalement absente. Les panneaux ne sont pas très explicites et cette succession d'ouvrages, de toiles ne retransmettent pas du tout le mystère, le dégoût ou encore la fascination que Babylone a pu avoir au cours des siècles sur le monde occidental. Ce que nous avons retenu de cette exposition, est le nom de Nabuchodonosor (il y a d'ailleurs une peinture de William Blake très intéressante), le code d'Hammurabi, bien entendu la Tour de Babel, quelques divinités ici ou là (Ishtar notamment) et une foison d'objets dont on ne comprend pas forcément l'usage.

Cela dit, c'est tout de même une très belle exposition, même si elle reste un peu trop intellectuelle.

Pour nous remettre de notre avis quelque peu mitigé, nous avons choisi ensuite de nous rendre dans un restaurant japonais. Moi, je l'appelle ma cantine asiatique. C'est très bon, c'est rapide, copieux et ça reste relativement bon marché. Par contre, ne vous attendez pas à un accueil chaleureux où on vous tape sur l'épaule. Ici, vous rentrez, vous êtes placés, installés et prêt à commander.

Personnellement, je vous recommande leurs soupes (Miso Lamen), elles sont divines et accompagnées de petits raviolis parfumés à la coriandre (Gyosa)... Si vous êtes un(e) gourmand(e), alors essayez les plats à base de riz et de viande (mon préféré c'est l'oyakodon : poulet revenu avec des oignons recouverts d'oeufs le tout couché sur du riz blanc.)

Le plus important de cette soirée finalement, c'est le fait d'avoir partagé ces moments avec elle. Les liens défaits se resserrent peu à peu, les souvenirs heureux sont évoqués et les bonheurs à venir également.
Elle m'annonce fièrement qu'elle va peut-être se pacser, je lui dis que je suis prête à tout quitter pour lui. Et là, elle me dit soudainement que je n'ai jamais semblé plus heureuse (enfin) que lorsque je parle de lui. Les mots qu'il me fallait juste entendre pour finalement être sûre de ce choix.

Alors si cette exposition n'était pas forcément à la hauteur de ce que j'attendais, elle m'a permis de retrouver mon amie et de sourire de plus belle à la vie. Et c'est ça le plus important.

10:35 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

06.03.2008

Michel Bouthot a dit

"Le sourire est le baiser de l'âme"

Ce soir je sais que je sourirai davantage lorsque sur ce quai de gare, je te retrouverai.
Enfin.

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Die Erfuellung (Détail), Gustav Klimt, 1909.

09:55 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

03.03.2008

André Breton a dit

"Ce que j'ai aimé, que je l'aie gardé ou non, je l'aimerai toujours"

17:01 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

01.03.2008

In memory

Est-ce que tu te souviens de nos discussions qui duraient toujours trop longtemps au téléphone ? Tu me racontais tes journées, je te racontais les miennes toujours avec pudeur. Tu te livrais sans peur, je savais ta moindre pensée, le moindre de tes rêves. Moi, c’était plus dur, mais tu parvenais toujours à deviner les peurs enfouies sous le vernis de certitudes qui me protégeait des autres.

Est-ce que tu te souviens de nos premiers fous rires? Alors que nous partagions la même salle de bains, à cette époque une simple rue nous séparait, et nos parents étaient des couples unis.
Nos frères et sœurs nous suivaient aveuglément car nous étions les grandes et il faut bien l’avouer, mener ce petit monde à la baguette te plaisait. Tu puisais là toute ta force.

Et puis un beau jour, les soucis de mes parents sont venus entachés nos habitudes, nos rituels, je partais vivre à 600 km de là. Je me suis retrouvée amputée d’une moitié. Ma moitié vivante, délurée, audacieuse, alors pour oublier je me suis réfugiée dans mes livres. Toi, de ton côté, tu es devenu un vrai garçon manqué, tu as abandonné la danse, et couper tes longs cheveux. J’ai encore quelque part chez Maman, une tresse de tes cheveux avec ce ruban que nous avions partagé lors d’un carnaval.

Et puis la vie nous a permis de nous retrouver. Mais l’adolescence avait déjà œuvré à nous séparer. Nous n’avions plus ce besoin quasi maladif de nous téléphoner chaque soir, de nous voir chaque week-end et de tout nous dire. Nous étions passé à autre chose. Je n’avais pas besoin de te voir pour savoir que quelque te tourmentait aussi, quand je suis venue la première fois à l’hôpital, j’ai compris que sous cette couche de bonne humeur, de joie de vivre, se tapissait en réalité le dragon de l’angoisse. Tes parents se sont également séparés, à ce moment là nous avons (re)vécu les lourds moments de la séparation que nous tentions d’oublier. Et ton monde a fini par s'écrouler.

Pourtant, c’est à cette période que je te découvrais vraiment comme mon amie. Tu n’étais plus ma petite sœur mais mon amie. Nous n'étions plus en compétititon, nous étions simplement et seulement nous avec nos différences, nos faiblesses et surtout nos rêves et une fureur de vivre qui dépassait tout le reste. L’école, les peines de cœur, les disputes…

Et puis tu es repartie à l’hôpital. Encore une fois. Je me souviens de ce matin où tu t’es réveillée. Je venais d’arriver car tu m’avais formellement interdit de dormir à tes côtés. Tu m’as dit que tu ne partirais sûrement pas ici parce que je trouverai le moyen de faire revenir.

Alors tu as été d’une force incroyable, tu as endossé ton plus costume et tu as joué le rôle de ta vie. Tout le monde y a cru moi la première, même si au fond de moi, je savais que tu ne resterais pas. A quoi bon te retenir puisque tu avais décidé de partir ? De toute façon, ton coeur ne battait plus pour rien, si ce n'est -j’ose l’espérer- pour les quelques instants de sérénité que nous offrais nos réveils buissonniers dans le jardin ou nos promenades nocturnes le long des quais de la Loire.

Et puis un jour en rentrant du lycée, j’ai trouvé une lettre. Manuscrite, bien écrite ce qui était une chose plutôt rare pour toi qui allait toujours si vite. Cette lettre je l’ai maudite, j’ai voulu la brûler mais ce n’était pas possible ça aurait été te trahir. Ces mots je les vois encore au travers de mes larmes. Tu t’en vas, tu es fatiguée et cette fois tu ne reviendras pas. Je dois te sortir de cette baignoire, inviter ton frère et ta sœur chez moi à jouer à la console avec mon frère, et enfin appeler les pompiers. Et après….

Après je ne sais plus, j’ai enfoui toutes ces minutes tellement loin dans mon cœur, mon estomac et ma tête que je ne sais plus. La seule chose dont je me souviens est ce froid glacial de l’église qui nous avait accueillies pour notre baptême, le vent qui sifflait entre les travées et ces mouchoirs blancs au creux des mains.

Et ma voix résonnant dans la nef qui te disait Au Revoir

23:24 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note