15.07.2008
De Passage
Oui je sais j'avais dit que c'était fini, mais je change souvent d'avis et puis vous me manquez.
Oui c'est vrai vos mots me manquent, et moi l'éternelle solitaire, je dois vous avouer que j trouvais là une présence réconfortante.
Et puis aussi parce que ces derniers temps, il s'est passé beaucoup de choses qui ont éprouver ma foi et mes envies.
Le plus grave de ces derniers jours est que j'ai perdu une personne qui m'était très chère. Cette mamie je l'aimais beaucoup, parce qu'elle savait faire abstraction de ses propres envies, de ses propres souffrances, qu'elle ne restait jamais en place, qu'elle avait le cœur sur la main, qu'elle avait le sourire scotché aux lèvres même les jours de pluie.
Je me souviens de ce jour où je suis allée fêter avec toute sa famille son anniversaire. J'étais restée avec elle en attendant le gros de la troupe, nous avions pris le temps de discuter d'elle, de ses projets, de son mari parti trop tôt mais à qui elle continuait de souhaiter une bonne nuit chaque soir. Et à cet instant je me suis aperçue qu'elle avait une place particulière dans mon Panthéon des Femmes.
Ce Panthéon là c'est le mien, celui que je me crée pour avoir des repères, des exemples à suivre. J'aime avancer en ayant dans mon cœur les paroles de certaines femmes qui ont marqué ma vie. Elle en fait partie et elle en fera toujours partie.
Lui dire Adieu vendredi a été difficile. Je ne pourrai plus jamais écouter l'Adagio d'Albinoni sans sentir cette odeur d'encens prégnante. Je ne pourrai plus passer par ce boulevard sans avoir le cœur serré. J'ai été beaucoup plus éprouvée que je ne l'aurais cru. Parce que ça été soudain. Parce qu'elle s'est accrochée jusqu'au bout. Parce que je n'ai pas pu lui dire Au Revoir. Voilà c'est ce goût d'inachevé qui me ronge. Je sentais qu'elle partait et pourtant je n'ai pas pris quelques heures pour aller à son chevet. Je ne peux que regretter son absence aujourd'hui.
Je n'ai pas pleuré, je n'ai pas réussi, les larmes sont restées cloîtrées dans ma poitrine, j'ai prêté mon épaule et mes bras pour mon amie et ses parents. J'espère au moins avoir été là pour eux, pour soulager un peu leur chagrin.
Et puis j'ai cette image imprimée sous mes paupières de ces trois femmes attablées en train de manger un plateau de fruits de mer : la mamie, la fille et la petite-fille. Comprendre soudainement que mon amie n'aura plus de plaisir de le faire. Alors que je pourrais toujours. C'est difficile à mon âge de concevoir que certaines de mes amies n'auront plus ce privilège.
Et puis, plein d'autres petites choses qui bout à bout font une grosse et indigeste couleuvre à avaler.
Je m'apprête à changer de vie, quitter Paris, recommencer ce que j'ai mis du temps à construire ici. Parfois, j'ai le sentiment de ne pas savoir ce que je veux. Je construis et m'échappe pour aller construire ailleurs.
Jusqu'au jour où je m'échapperai de nouveau ?
Je ne suis plus seule et pourtant je n'ai jamais eu aussi peur....
16:09 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
Courage jeune fille :o)
La vie, ça va ça vient, comme les vagues sur une plage. Cette mer est une telle leçon de vie, les vagues sont parfois haute, pourtant nous arrivons à les franchirs certes avec angoisses face à une telle leçon de vie, mais c'est aprés que l'on peut mesurer la chose accomplie...
Et la grand mére de ton amie, son souvenir perdura par les leçons, et le fil qu'elle laisse derrière elle pour te guider...
Bisous
;o)
Ecrit par : Po le panda | 15.07.2008
Comme je te comprends ...
Garde des traces d'elle en toi, c'est le meilleur moyen de ne jamais l'oublier.
Et puis, c'est pas si mal de déménager ;-)
Des bises.
Ecrit par : Kinishao | 15.07.2008
la culpabilité tout comme le regret ne servent à rien, si à te bouffer mais ensuite?? il faut faire du bon avec du mauvais et le garder le souvenir en fait parti, c'est l'une des meilleures parties même.
Tu verras ensuite comme tu avaleras mieux les couleuvres... merci le temps et l'expérience.
Je sais de quoi je parle, limite un moment donné je ne mangeais que de çà... et encore je te parle pas des faux enthousiasmes!!!!
Ecrit par : Fa | 17.07.2008
Po> tu devrais lire Confucius...
Kinishao> C'est gentil ça juste ce que'il fallait que je lise :) Et oui c'est bien de déménager
FA> c'est vrai la culpabilité, le regret ne servent à rien. Néanmoins ce sont des sentiments qu'on peut et qu'on doit ressentir à un moment pour avancer et pour dire Au Revoir. Pas pour mieux avaler les couleuvres...
Ecrit par : Virgule | 22.07.2008
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