15.07.2008

De Passage

Oui je sais j'avais dit que c'était fini, mais je change souvent d'avis et puis vous me manquez.
Oui c'est vrai vos mots me manquent, et moi l'éternelle solitaire, je dois vous avouer que j trouvais là une présence réconfortante.

Et puis aussi parce que ces derniers temps, il s'est passé beaucoup de choses qui ont éprouver ma foi et mes envies.

Le plus grave de ces derniers jours est que j'ai perdu une personne qui m'était très chère. Cette mamie je l'aimais beaucoup, parce qu'elle savait faire abstraction de ses propres envies, de ses propres souffrances, qu'elle ne restait jamais en place, qu'elle avait le cœur sur la main, qu'elle avait le sourire scotché aux lèvres même les jours de pluie.

Je me souviens de ce jour où je suis allée fêter avec toute sa famille son anniversaire. J'étais restée avec elle en attendant le gros de la troupe, nous avions pris le temps de discuter d'elle, de ses projets, de son mari parti trop tôt mais à qui elle continuait de souhaiter une bonne nuit chaque soir. Et à cet instant je me suis aperçue qu'elle avait une place particulière dans mon Panthéon des Femmes.

Ce Panthéon là c'est le mien, celui que je me crée pour avoir des repères, des exemples à suivre. J'aime avancer en ayant dans mon cœur les paroles de certaines femmes qui ont marqué ma vie. Elle en fait partie et elle en fera toujours partie.

Lui dire Adieu vendredi a été difficile. Je ne pourrai plus jamais écouter l'Adagio d'Albinoni sans sentir cette odeur d'encens prégnante. Je ne pourrai plus passer par ce boulevard sans avoir le cœur serré. J'ai été beaucoup plus éprouvée que je ne l'aurais cru. Parce que ça été soudain. Parce qu'elle s'est accrochée jusqu'au bout. Parce que je n'ai pas pu lui dire Au Revoir. Voilà c'est ce goût d'inachevé qui me ronge. Je sentais qu'elle partait et pourtant je n'ai pas pris quelques heures pour aller à son chevet. Je ne peux que regretter son absence aujourd'hui.

Je n'ai pas pleuré, je n'ai pas réussi, les larmes sont restées cloîtrées dans ma poitrine, j'ai prêté mon épaule et mes bras pour mon amie et ses parents. J'espère au moins avoir été là pour eux, pour soulager un peu leur chagrin.

Et puis j'ai cette image imprimée sous mes paupières de ces trois femmes attablées en train de manger un plateau de fruits de mer : la mamie, la fille et la petite-fille. Comprendre soudainement que mon amie n'aura plus de plaisir de le faire. Alors que je pourrais toujours. C'est difficile à mon âge de concevoir que certaines de mes amies n'auront plus ce privilège.

Et puis, plein d'autres petites choses qui bout à bout font une grosse et indigeste couleuvre à avaler.

Je m'apprête à changer de vie, quitter Paris, recommencer ce que j'ai mis du temps à construire ici. Parfois, j'ai le sentiment de ne pas savoir ce que je veux. Je construis et m'échappe pour aller construire ailleurs.

Jusqu'au jour où je m'échapperai de nouveau ?

Je ne suis plus seule et pourtant je n'ai jamais eu aussi peur....

16:09 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

30.05.2008

Voilà

C'est fini...

Plus d'histoires à raconter.

Je pars juste pour vivre pleinement la mienne.

Je viendrai chez vous, passerai parfois par ici.

Bonne route à vous

17:54 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note

27.05.2008

Constat

Il faut que je me rende à l'évidence, cet espace s'assèche.
Il est désert, non que je n'ai rien à dire, mais je ne sais pas comment l'écrire.
Je crois bientôt, que j'y mettrai un point.
Ou des points de suspension...

b211e1d29f23a7f399c5e7c59c619774.jpg

10:50 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

07.05.2008

Arrivée

Le Sud vient à moi pour un temps...
Je sens déjà le sel de la mer, les grains de sable sous les pieds et cette odeur si particulière de pinède...

Aux pieds de la Tour Eiffel, dans ces petites ruelles du Marais, près de la Fontaine des Innocents. Le Paris que j'aime avec Lui.

9fc6b5d3a91d4cbaf1278d8881c88f3c.jpg

16:31 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

06.05.2008

Fallin'

Je pourrais vous parler de beaucoup de choses en ce moment, mais je n'ai pas envie.
Plutôt que de tourner en rond, plongez-vos yeux dans les siens.

a1e664e179c7944facfe628c1e901de7.jpg


Il a 46 ans aujourd'hui.

10:30 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

05.05.2008

Mystérieuse

Les pavés reviennent au pas de charge dans le souvenir enflammé de l'année 1968.

Le pavé, pierre carrée détestée des femmes aiguillonées, est bien le symbole de cette ville que j'aime chaque jour un peu plus. Elle lui confère un mystère, une histoire, une beauté toute singulière, un bruit particulier.

Les pavés du parvis de Notre Dame, de l'esplanade du Centre Pompidou résonnant d'accords tsiganes, des quais du square du Vert Galant, du passage de la rue Gît le Coeur, des petites ruelles du Marais ou de l'Île Saint Louis.

La pierre chuchote encore, elle nous murmure à l'oreille les mystères de la ville.

Je marche sur ces pavés, je me tords souvent les chevilles, je peste contre les irrégularités du pavé, soulevés ça et là, par des racines ou bien désenclavés. Je pourrais presque le ramasser et le garder.

Pour quoi faire ? Un presse-papier comme ces bouts du Mur de Berlin ?

Paris a ses pavés. Ils sont toujours là, malgré les pluies, les révoltes, les volontés urbaines de goudronner et Dieu sait qu'il est bon de marcher sur ses pavés.

Le soleil dans le dos.

c31cebcf371c424096eb25f46756f2f9.jpg

12:08 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

28.04.2008

S'asseoir

S'asseoir et regarder.
S'asseoir et admirer.
S'asseoir et attendre

S'assoir pour voir finalement arriver celui que l'on attendait.

Enfin il est là.

Et sur un simple banc de bois, je sens soudain un désir ardent de vivre.

4e3d5ede15f3e384a05e5960aa229971.jpg

Paris, avenue Raymond Poincaré (XVIème arrondissement)

16:55 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

24.04.2008

Je regarde la télévision

Oui, et alors?

Parfois je tombe sur des émissions de radio crochet comme on disait dans le temps où ma maman était encore une adolescente rêveuse... Non en fait, je ne tombe pas dessus, ça fait 6 ans que je suis cette émission.
J'adore André Manoukian. Voilà, je l'avoue.

Dans ma vie j'ai un Georges, un André et un chameau, mais bon ça c'est privé.

Bref, pour revenir à cette émission hier, j'ai assisté à un grand moment. La performance de Cindy Sander.
Celle qui fait un buzz énorme sur Internet, qui a Yann Barthès du Grand Journal pour supporter, qui passe dans les émissions de Delarue pour dire que son talent n'est pas reconnu ...

Bon sur ce coup là j'ai conscience d'être une langue de vipère. Mais j'assume.

Et donc hier, après cette incroyable performance (elle a quand même gagné un poème de Dédé, la Bougresse) elle annonce qu'elle a signé pour sortir un single.

Là, je trouve que la plaisanterie va un peu loin. Pourquoi sortir un single alors que l'album entier (s'il voit le jour) ne sera pas acheté ? Non mais c'est vrai, c'est pas terrible terrible tout ça. Elle ne chante pas très bien, la chorégraphie est à revoir, le look... Elle n'est pas vraiment dans l'air du temps.

Je trouve que c'est cruel finalement de lui permettre de réaliser son rêve pour ensuite une fois qu'on aura bien gagné de l'argent sur son dos, on la jette. Mais le pire, c'est que je suis sûre qu'on va l'entendre cette chanson.
D'ailleurs je suis la première à la chantonner.

Vas-y Fa, laisse ta griffe ici, j'ai hâte de la lire ...

16:10 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note

22.04.2008

Escapade

J'aime pouvoir partir le soir de Paris et savoir que le lendemain je verrai ce fort en haut des collines orangées.

Il pleut, il fait froid et pourtant j'ai mes ballerines aux pieds, une petite robe et un chemisier blanc.
Une petite écolière.

Le TGV n'est pas rempli ce soir. Il est silencieux mais pourtant je sens comme une effervescence à bord de ce wagon. Je m'amuse à regarder les gens qui m'accompagnent dans mon voyage.

En face de moi, une femme à l'allure très masculine et qui pourtant à des mains à faire pâlir la plus adroite des pianistes. Elle lit des comics les lunettes bien basses sur le nez.

A côté de moi, un couple qui part en WE et qui discute avec malice d'histoire politique. Je reconnais là des professeurs d'histoire. Et je pense même avoir croisé le monsieur dans une chaire à l'université, mais je n'arrive pas à retrouver laquelle...

Derrière moi, un couple. Amoureux. Très amoureux même. Ils m'amusent car je sais que dans quelques heures maintenant je le retrouverai et je serai moi aussi une amoureuse transie.

Le voyage se passe vite. J'ai la sensation d'être à l'intérieur d'un ventre sombre. D'être digérée. Je ne distingue rien au dehors, la nuit est noire. Très noire.

La pluie redouble à Marseille et le wagon se vide soudainement de ses passagers. Je me retrouve toute seule. Je suis le dessert de ce voyage.

Quelques minutes passent dans un silence entaché du tambourin des gouttes de pluie qui tombent. Les filets d'eau s'écoulent le long des vitres troublant ma vision. Je ferme les yeux en écoutant doucement Madeleine me susurrer à l'oreille La Javanaise.

Je me réveille alors, il est minuit 10 et dans quelques instants je serai dans ses bras. Dans la chaleur de son cou, je nicherai mon nez.

Et de mes bras, j'entourerai sa taille.

Et de mes lèvres, je l'embrasserai.

Et dans un simple regard, je l'aimerai.

11:50 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

17.04.2008

Message personnel

7f293366e241968aa717138132719182.jpg


Voilà aujourd'hui, le Doudou de Fa a 40 ans (et toutes ses dents)
Alors je te souhaite un très bon anniversaire.
J'espère que tu le passeras en compagnie de tous ceux que tu aimes
Présents ou absents, nous sommes tous avec toi.

Vous pouvez aussi lui laisser un message plus personnel chez Fa.

Bon anniversaire et un gros bisou

06:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

03.04.2008

So chocolat...

473d48f32454fc2f263365de23534ee3.jpg Le chocolat est une friandise dont j'aurai beaucoup de mal à me passer. C'est mon pansement quotidien. Certains carburent à la nicotine, au café, à la cigarette, aux bisous, au Coca Light, au bonbon à la menthe, au sandwich jambon beurre, au thé... Bref. Moi c'est le chocolat.

En crème, en mousse, en carré, en tablettes, en bonbon et aussi en boisson chaude.

Et pour ça j'ai un lieu tout trouvé...

Toi qui est en train de rigoler derrière ton écran, ne crie pas trop fort, tu pourrais réveiller tes voisins ou le chien qui dort à tes pieds.

Donc si par hasard, vous vous promenez dans Paris (tout le monde n'est pas parisien ;)) et plus particulièrement dans les environs de Saint Michel, que vous avez froid parce que vous venez de vous prendre un bonne giboulée et que vous voulez vous réchauffer, guidez-vous vers la rue de la Huchette
Agrandir le plan.

Je vous préviens, c'est ce que nous appelons la rue à touristes (pardonnez-nous notre offense). Les vendeurs de souvenirs, les spectacles de rue improvisés, les restaurateurs devant leurs enseignes en train de racoler (si si) le chaland qui passe, les vendeurs de bijoux, sacs et étolles en tous genres (cela dit les bijoux sont très jolis enfin certains)...

Et puis soudain, vous tombez sur une enseigne bien connue des amateurs de glace. Et non! Pas le nom nordique, un nom plus italien et qui vous servent des glaces en forme de fleurs dans un délicieux cornet. Miam !

Mais bon pour se réchauffer, c'est pas vraiment ça, alors il faut s'installer et goûter leur chocolat chaud. Vous avez en plus la possibilité de l'aromatiser avec 25 parfums au choix (amandes, orange, nougat, badiane, menthe..) C'est super (trop) bon.
Parfumé, un peu amer et épais.... ça rappelle plein de souvenirs, ça sent très bon, c'est chaud, c'est doux. Et puis bon, c'est surtout de la passage obligé de ma Drôle de Dame
C'est parfait pour les petits soucis, les petits bobos de la vie, les discussions entre amies, les confidences...

Bon sur ce, je vous laisse, un chocolat justement m'attend...

10:35 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

02.04.2008

Renouveau

Bon ben, tout finit par arriver, j'ai finalement osé changer quelques détails ici...

J'aime bien, ça me correspond davantage même s'il manque un peu de couleur.
Pour l'instant ces couleurs, qui donnent du soleil à la vie, elles sont cachées au fond de mon cœur...

Voilà, j'espère que ça vous plaira.

Un peu pour que vous puissiez continuer à venir me faire un petit signe.


Parfois

9ee6cd60b0e571842fcb6d1523dc9638.jpg

Notre Dame de Paris, Ile Saint Louis, Paris, Septembre 2007.

14:30 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

01.04.2008

Plein de pestacles et autres rencontres

Il y a des semaines où vous vous morfondez tellement que vous ne voulez plus sortir de votre trou.
Et puis il y en a d'autres ou c'est la fête tous les soirs :)

Regardez par exemple, ce soir je vais à un anniversaire du copain d'une des mes anciennes collègues (qui est devenue avec le temps mon amie). Nous devons nous retrouver au Polidor (rue Monsieur Le Prince dans le 5ème ou 6ème j'sais plus :()

J'aime bien ce bistrot, l'ambiance, les nappes à carreaux, les verres à moutarde, les toilettes au fond de la cour et la serveuse qui une poitrine plus imposante que celle d'une Walkyrie !!! Si si, d'ailleurs, à chaque fois que nous allons là-bas, nous (les filles) sommes davantage amusées du regard surpris de nos accompagnateurs (les garçons donc qui ont un décollement de la mâchoire inférieure)...

C'est plutôt pas trop mauvais, même si parfois l'accueil est un peu frisquet, mais en général après un verre, l'ambiance se réchauffe et les joues rosissent.

Donc comme c'est un anniversaire, j'ai été me promener sur les Champs à midi (normal ma Bonne Dame, je travaille juste à côté) et là je me bouscule aux touristes, me prends une petite giboulée et assiste médusée à un concert de cornemuses juste devant une grande enseigne de parfums. Pas très glamour le kilt et les chaussures de rando, non... vraiment pas glamour. Oui, et j'ai trouvé ma BD que je cherchais pour l'intéressé. D'ailleurs, je me demande quel âge il a... Enfin comme d'habitude, je vais devoir rajouter une dizaine d'années à mon âge et ce sera bon.

Bref, donc ce soir je suis dehors.
Demain rien de prévu, enfin rien qui vaille la peine d'être raconté en tout cas.

Jeudi je vais à l'avant première presse de Fame avec ma copine Hélène!!!! Je suis trop contente, oui je sais je suis une midinette mais c'est pas grave j'assume et puis moi, je suivais quand j'étais petiote cette série.. Leeroy... Soupir

Et puis vendredi, je vais au théâtre voir deux pièces de Ionesco mis en scène par Laurent Pelly, au théâtre de l'Athénée. J'adore cet endroit, c'est là que j'ai eu tous mes émois théâtraux. De grands moments d'émotions (le Viol de Lucrèce par Benjamin Britten), de grands moments de rire (Arsène Lupin Banquier par la Compagnie Les Brigands) et des retrouvailles (L'Ignorant et le Fou avec Michel Fau)... Enfin voilà; je m'amuse, je cours, je travaille aussi et puis je profite encore de cette effervescence si particulièrement parisienne en solitaire.

Et bizarrement, j'aimerai tant pouvoir partager tous ces instants avec vous...

18:17 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

28.03.2008

Schmapée

Hier je reçois un mail en anglais qui me dit qu'une de mes photos sur Flickr a été retenue pour être publiée dans le guide Schmap !

Là voici cette fameuse photo :

684b318a11f9ae793dfc43bef3a2bc11.jpg


Elle n'est pas belle la vie ?

Façade de l'Opéra Garnier, Paris, Août 2007.

10:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note

26.03.2008

Sauter

52fbfdd4b04ad294906a68c2abad3837.jpg


Le vent souffle.
Il réveille mes épis encore hagards.

Le vent siffle.
Il entonne un chant inconnu à mes oreilles.

Le vent fouette.
J’ai du mal à respirer.

Le vent réveille mon cœur endormi.
Mes mains se réchauffent dans les tiennes.

Et devant ce panorama de la Méditerranée enragée et soulevée de vagues, près de cette citadelle, je distingue au loin un horizon serein.

Sur cette falaise de l’Ile du Gaou, où les vagues bleues viennent se briser sur ces roches blanchies par le sel, je sens encore si je ferme les yeux, les battements de ton cœur qui s’accélèrent lorsque je te dis que je t’aime.

Le vent poursuit sa route et abandonne sur cette falaise nos corps enlacés.
Pris au vent.

Le vent froid mais puissant de sentiments naissants.

Crédit photo : FA

13:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

22.03.2008

Promesse

La pluie tombe en fines gouttelettes, presque invisible, elle laisse tomber un voile mince sur la route, les arbres, les voitures et sur ce quai de gare.

Tout brille comme peut-être ces yeux scintillent.

Sans lunettes, l’acuité est plus difficile. Elle ne distingue pas grand-chose, la nuit est très noire et son cœur bat de plus en plus fort au fur et à mesure que les minutes s’égrainent et qu’il se rapproche de cette petite gare.

Ce soir est plein de promesses et elle cherche dans le regard de celle qui l’accompagne un signe de réconfort…

Soudainement le grincement des roues sur les rails se rapprochent, les battements résonnent plus forts jusqu’à vouloir s’échapper. Soudain, elle ne distingue plus rien. Soudain, elle n’entend plus rien à part le bruit sourd de son cœur contre ses tempes.

Boum

Boum

Boum

Comme si elle s’endormait, comme si elle s’échappait de son corps, elle regarde la scène qui se déroule sous ses yeux : le train qui s’approche, les gens qui descendent heureux, fatigués, anxieux peut-être.

Son amie qui se dirige vers une voiture.

Elle reste en retrait près des escaliers.

Le train ralentit. La pluie continue de tomber en voile léger, comme un rideau devant une fenêtre. Comme si elle l’enveloppait pour protéger du regard ces retrouvailles.
Cette première rencontre.

Le bruit strident des freins s’arrête. Le train s’immobilise alors. La porte s’ouvre et laisse s’échapper une casquette blanche. Un uniforme de marin se dessine dans la porte de cette voiture de métal, et elle voit enfin son regard.
Brun, doux, impatient, heureux.
Peut-être.

Les tempes bourdonnantes, elle s’approche doucement. Elle dépose ses lèvres sur ses joues piquantes, elle ferme les yeux ; elle sent son parfum, respire son odeur. Telle qu’elle la devinait.

Une bise appuyée sur la commissure des lèvres, je ne me résous pas à desserrer cette étreinte.
Je ne veux pas quitter ses bras… Je me dégage doucement et laisse mes yeux humides plonger dans son regard.

Et je décide alors de m’abandonner à cet instant et de laisser mes lèvres goûter les siennes.

La vie est pleine de promesses depuis

01:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

21.03.2008

Bouche salée

Le goût du sel.
Il a le goût du sel dans la bouche.

Il ne sait plus si ce goût est celui de ses larmes ou bien celui des gouttes de sueur dégoulinant de ses tempes, de son front, de son cou.

Il fait chaud.
Il fait terriblement chaud, il va peut-être enlever sa veste kaki mais il sait qu’il dévoilerait alors ce polo blanc. S’il ferme les yeux, il sent le doux parfum de la lessive, il entend le bruit des pas de son épouse dans cet escalier de bois, le bruit sec et bref du linge qu’on secoue avant de l’étendre.

Son acuité lui révèle soudain qu’il doit se terrer encore plus profondément dans ce sol rocailleux. Derrière ces murs de pisé encore debout, comme en équilibre.

Le feu du métal lui brûle la paume des mains.
Il n’a qu’une envie laisser courir ses mains autrefois si fines, si soignées sur son ventre arrondi, sentir le poids de ses seins, prendre ses hanches et s’enivrer de cette odeur sucrée de jasmin.

Il se demande soudainement si ses mains pourront un jour aimer de nouveau. Il souhaiterait oublier le rouge du sang, le noir de la poudre, le brun des brûlures de sa mitraillette.

Le râle du berger le ramène soudainement à la réalité. Il a reçu le toit de la bergerie sur la tête au moment où il s’apprêtait à lui enfoncer son couteau entre les cotes. Là où on peut atteindre l’estomac ou le cœur. Son père lui a montré lorsqu’il était petit alors que les bottes de cuir noir envahissaient le château familial.

Cet homme va mourir. Il le sait, il pleure. De peur, de rage, de dégoût, de fatigue.
Il voudrait pouvoir l’aider, il s’approche de lui en rampant, lui essuie le visage.
Un de ces yeux n’est plus là, la mâchoire est brisée, il ne peut plus parler. De toute façon que pourrait-il dire à cet homme en vert venu d’un autre pays ?
Il lui tient la main, fixe son seul œil et surveille le moment où la dernière expiration laissera échapper de son corps brisé son âme.

Et puis doucement, le silence de la mort s’installe. Le vent souffle soudainement sur cette terre brûlée, les cadavres des moutons disséminés le long du chemin. Le blanc de la toge du berger rougit et lui pleure, crie…. Il veut mourir. Car même s’il sort de ce village, pourra-t-il dire à sa femme qu’il a volé, tué, torturé, égorgé ?

Soudain un cri déchire le souffle du vent et résonne sur ces parois calcaires.

Le goût des larmes
Le goût du sel dans sa bouche.
Et le sursaut de douleur dans les draps de flanelle.

76 ans et depuis 46 ans toujours ces cauchemars, ces souvenirs, ces regrets.

Cette honte d’être vivant.

09:26 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

13.03.2008

Babylone

7a8d77a2d8b787ff58166049fc678a10.jpg Hier soir, j'ai été assisté au vernissage de l'exposition "Babylone" au Louvre.
J'avais demandé à une des amies de m'accompagner car je ne voulais pas déambuler toute seule dans les allées de cette exposition et puis surtout parce que c'est toujours mieux à deux.

Le Louvre en nocturne, c'est toujours un plaisir. Les façades brillent de mille feux, les couloirs sont un peu vides et la foule est moins dense. Envie de partager cela avec ceux qui ne sont pas avec moi.

Cependant, j'avais omis un détail d'importance. Le Vernissage étant limité dans le temps (deux jours), il a rassemblé énormément de monde : des journalistes, des touristes, des professeurs, des étudiants, des passionnés et des amies...

Je ne dirai rien sur les pièces exposées, elles sont magnifiques, bien exposées, bien éclairées et vraiment d'une facture sans faille. Les sculptures, les statues, sont imposantes tant par leur taille que par leur perfection : on parvient parfois même à distinguer le grain de la pierre au détour d'une articulation sur ce bas relief. Les tablettes de cire recouverte de symboles qui mises bout à bout deviennent un vrai poème...
Voir des pièces datant du 21ème siècle avant JC, moi, ça me fait toujours quelque chose.

Ensuite, après cette partie très "archéologique", nous découvrons plusieurs salles dédiées à Babylone à travers les livres, les peintures, les gravures... Et je vous avoue que nous avons été déçues. Non par la beauté des manuscrits ou des toiles (La Tour de Babel de Bruegel l'Ancien...)d12109b5d8afa50bc43d19f8ca685b4a.jpg, mais par l'aspect soudainement érudit qu'a pris cette exposition.

Encore une fois, je trouve que ce genre de manifestation s'adresse davantage à des spécialistes (qui s'y perdent eux aussi parfois) et que la pédagogie est totalement absente. Les panneaux ne sont pas très explicites et cette succession d'ouvrages, de toiles ne retransmettent pas du tout le mystère, le dégoût ou encore la fascination que Babylone a pu avoir au cours des siècles sur le monde occidental. Ce que nous avons retenu de cette exposition, est le nom de Nabuchodonosor (il y a d'ailleurs une peinture de William Blake très intéressante), le code d'Hammurabi, bien entendu la Tour de Babel, quelques divinités ici ou là (Ishtar notamment) et une foison d'objets dont on ne comprend pas forcément l'usage.

Cela dit, c'est tout de même une très belle exposition, même si elle reste un peu trop intellectuelle.

Pour nous remettre de notre avis quelque peu mitigé, nous avons choisi ensuite de nous rendre dans un restaurant japonais. Moi, je l'appelle ma cantine asiatique. C'est très bon, c'est rapide, copieux et ça reste relativement bon marché. Par contre, ne vous attendez pas à un accueil chaleureux où on vous tape sur l'épaule. Ici, vous rentrez, vous êtes placés, installés et prêt à commander.

Personnellement, je vous recommande leurs soupes (Miso Lamen), elles sont divines et accompagnées de petits raviolis parfumés à la coriandre (Gyosa)... Si vous êtes un(e) gourmand(e), alors essayez les plats à base de riz et de viande (mon préféré c'est l'oyakodon : poulet revenu avec des oignons recouverts d'oeufs le tout couché sur du riz blanc.)

Le plus important de cette soirée finalement, c'est le fait d'avoir partagé ces moments avec elle. Les liens défaits se resserrent peu à peu, les souvenirs heureux sont évoqués et les bonheurs à venir également.
Elle m'annonce fièrement qu'elle va peut-être se pacser, je lui dis que je suis prête à tout quitter pour lui. Et là, elle me dit soudainement que je n'ai jamais semblé plus heureuse (enfin) que lorsque je parle de lui. Les mots qu'il me fallait juste entendre pour finalement être sûre de ce choix.

Alors si cette exposition n'était pas forcément à la hauteur de ce que j'attendais, elle m'a permis de retrouver mon amie et de sourire de plus belle à la vie. Et c'est ça le plus important.

10:35 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

01.03.2008

In memory

Est-ce que tu te souviens de nos discussions qui duraient toujours trop longtemps au téléphone ? Tu me racontais tes journées, je te racontais les miennes toujours avec pudeur. Tu te livrais sans peur, je savais ta moindre pensée, le moindre de tes rêves. Moi, c’était plus dur, mais tu parvenais toujours à deviner les peurs enfouies sous le vernis de certitudes qui me protégeait des autres.

Est-ce que tu te souviens de nos premiers fous rires? Alors que nous partagions la même salle de bains, à cette époque une simple rue nous séparait, et nos parents étaient des couples unis.
Nos frères et sœurs nous suivaient aveuglément car nous étions les grandes et il faut bien l’avouer, mener ce petit monde à la baguette te plaisait. Tu puisais là toute ta force.

Et puis un beau jour, les soucis de mes parents sont venus entachés nos habitudes, nos rituels, je partais vivre à 600 km de là. Je me suis retrouvée amputée d’une moitié. Ma moitié vivante, délurée, audacieuse, alors pour oublier je me suis réfugiée dans mes livres. Toi, de ton côté, tu es devenu un vrai garçon manqué, tu as abandonné la danse, et couper tes longs cheveux. J’ai encore quelque part chez Maman, une tresse de tes cheveux avec ce ruban que nous avions partagé lors d’un carnaval.

Et puis la vie nous a permis de nous retrouver. Mais l’adolescence avait déjà œuvré à nous séparer. Nous n’avions plus ce besoin quasi maladif de nous téléphoner chaque soir, de nous voir chaque week-end et de tout nous dire. Nous étions passé à autre chose. Je n’avais pas besoin de te voir pour savoir que quelque te tourmentait aussi, quand je suis venue la première fois à l’hôpital, j’ai compris que sous cette couche de bonne humeur, de joie de vivre, se tapissait en réalité le dragon de l’angoisse. Tes parents se sont également séparés, à ce moment là nous avons (re)vécu les lourds moments de la séparation que nous tentions d’oublier. Et ton monde a fini par s'écrouler.

Pourtant, c’est à cette période que je te découvrais vraiment comme mon amie. Tu n’étais plus ma petite sœur mais mon amie. Nous n'étions plus en compétititon, nous étions simplement et seulement nous avec nos différences, nos faiblesses et surtout nos rêves et une fureur de vivre qui dépassait tout le reste. L’école, les peines de cœur, les disputes…

Et puis tu es repartie à l’hôpital. Encore une fois. Je me souviens de ce matin où tu t’es réveillée. Je venais d’arriver car tu m’avais formellement interdit de dormir à tes côtés. Tu m’as dit que tu ne partirais sûrement pas ici parce que je trouverai le moyen de faire revenir.

Alors tu as été d’une force incroyable, tu as endossé ton plus costume et tu as joué le rôle de ta vie. Tout le monde y a cru moi la première, même si au fond de moi, je savais que tu ne resterais pas. A quoi bon te retenir puisque tu avais décidé de partir ? De toute façon, ton coeur ne battait plus pour rien, si ce n'est -j’ose l’espérer- pour les quelques instants de sérénité que nous offrais nos réveils buissonniers dans le jardin ou nos promenades nocturnes le long des quais de la Loire.

Et puis un jour en rentrant du lycée, j’ai trouvé une lettre. Manuscrite, bien écrite ce qui était une chose plutôt rare pour toi qui allait toujours si vite. Cette lettre je l’ai maudite, j’ai voulu la brûler mais ce n’était pas possible ça aurait été te trahir. Ces mots je les vois encore au travers de mes larmes. Tu t’en vas, tu es fatiguée et cette fois tu ne reviendras pas. Je dois te sortir de cette baignoire, inviter ton frère et ta sœur chez moi à jouer à la console avec mon frère, et enfin appeler les pompiers. Et après….

Après je ne sais plus, j’ai enfoui toutes ces minutes tellement loin dans mon cœur, mon estomac et ma tête que je ne sais plus. La seule chose dont je me souviens est ce froid glacial de l’église qui nous avait accueillies pour notre baptême, le vent qui sifflait entre les travées et ces mouchoirs blancs au creux des mains.

Et ma voix résonnant dans la nef qui te disait Au Revoir

23:24 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

18.02.2008

Six choses

Voilà j'ai été taggé par Kinishao (http://sketchesofmyself.blogspot.com/).

Les règles du jeu:

Ecrire le lien de la personne qui nous a taguée (ok, c’est bon)
Préciser le règlement sur son blog (ça c’est fait, vous êtes en train de le lire)
Mentionner six choses sans importance sur soi (Moui…)
Trouver six autres personnes en mettant leur lien et prévenir ces personnes sur leurs blogs respectifs (euh oui, mais là c’est dur…)

Pour ce qui est des 6 choses sans importance (pour vous bien entendu mais pour moi ...) :

- J'ai la voix d’une petite fille au téléphone, alors parfois quand on me voit arriver, on a soit un choc, soit une surprise (bonne ou pas, je vous laisse choisir)

- J'ai des expressions – comment dire particulières- du genre « T’inquiète Paupiette ! » ou bien « C’est trop du ballon rond » ou encore « J’ai le sang qui tourne en eau de javel »

- J’ai deux grains de beauté sur le haut de l’arête nasale (voilà ce genre d’expressions…) qui faisaient dire aux enfants dont je m’occupais que j’étais une sorcière. Pratique pour Halloween

- J’aime bien rester dans mon lit pendant deux heures le dimanche et regarder des dessins animés (au lieu d’aller courir ou nager…) Et donc après en général je suis toujours en retard.

- J’ai toujours une écharpe autour du cou. Si, si été comme hiver

- J’ai toujours un carnet avec moi et je note pleins de choses dedans. Des adresses pour montrer des façades d’immeubles à des photographes, un restaurant rigolo, des dates de concert, des yaourts à tester…

Maintenant pour les 6 personnes, ça va être compliqué… parce qu’il ne faut pas en indiquer qui ont déjà été taguées…

Donc je dirais en fermant les yeux et au hasard : Peebee, Pyrome et puis tous ceux qui veulent !
Fa et Olivier (l'historien) y échappent… Parce qu'ils ont déjà été tagués

Amusez-vous bien ;)

11:17 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

15.02.2008

Romanesque...

Parfois, il suffit d’un seul mot, d’une seule virgule déplacée ou omise pour que vous vous mépreniez sur le sens de la phrase qu’on a voulu vous dire ou vous écrire.

De là, découle invariablement un malentendu qui fait alors surgir toutes ses frustrations et tout ce qu’on garde enfoui au fond de soi. L’heure des reproches arrive soudainement.

Le reproche qu’on me fait souvent (et à juste titre d’ailleurs) est que je ne parle pas beaucoup , que je suis mystérieuse. C’est vrai je suis d’une grande pudeur, je choisis toujours ce dont je vais parler, ce que je vais dévoiler, ce que je vais découvrir de moi.

Je suis pudique physiquement, spirituellement, moralement.
Adolescente, je me souviens, c’était un véritable calvaire d’aller aux goûters/soirées d’anniversaire parce qu’immanquablement, nous en venions toujours à des jeux stupides de confidences du type « Action ou vérité ? »

On posait d’ailleurs toujours les mêmes questions, pour que je joue à ce jeu, il fallait venir me chercher…

« Tu as un copain ? »
« Non, pour quoi faire ? »
« Qu’est-ce que tu fais le plus souvent le samedi après midi ? »
« Je lis et je dessine »


A chaque réponse que je pouvais faire, c’était au choix des éclats de rire ou des dénigrements, je ne peux pas leur en vouloir, je cultivais cette différence. Et je ne vous raconte même pas les cours de natation…

Aujourd’hui encore, je ne fais rien comme tout le monde.

D’abord, parce que ça m’ennuie, ensuite parce que je préfère suivre le vent. Mon entourage émet parfois quelques inquiétudes à mon propos, mes amis s’étonnent toujours de ne pas tout savoir à mon propos. Mais à quoi ça sert de tout savoir ? Donner des armes à celui qu’on a en face de soi ?
Se dévoiler pour moi, a plus souvent été synonyme de blessure que de partage. Alors oui, aujourd’hui, les écoutilles sont encore rouillées et difficiles à ouvrir, mais avec de la patience on arrive à tout. J’ai choisi d’être dans mon monde. J’ouvre la porte de celui-ci à certains, la referme pour d’autres.

Je prends toujours énormément de temps pour découvrir l’autre, mais s’il a ma confiance, je ferai tout pour lui. Souvent il doit s’armer de patience pour que je lui donne certaines clés qui pourraient l' aider à mieux me comprendre, parce que, comme tout le monde, j’ai mes blessures, mes faiblesses, mes secrets, mes souvenirs.
Longtemps, j’ai cru que ces choses là me rendraient plus fragile, plus faible alors même qu’on me demandait justement d’être plus forte et de ne pas me laisser aller.

Grâce à Elle, aujourd’hui, je les accepte ces blessures, ces gouffres d’incertitude et de doutes. Je réapprends à vivre avec eux et à les affronter quotidiennement. Mais il est encore difficile pour moi de partager mes démons.

Alors pour les oublier parfois, je mets de jolies lunettes roses, ou bleues, et j’avance. Je vis chaque instant le cœur léger, je ne pense pas à demain, sans pour autant -et c’est là, la complexité du personnage, vous en conviendrez- me bercer d’illusions.

Car je sais que chaque instant, chaque sentiment, chaque personne peut nous quitter d’un moment à l’autre. Moment que le Destin aura choisi.

Je ne suis pas trop réaliste, encore moins fataliste.

Non, je suis juste romanesque.

b612580c9bcda508b7e69af5b930836a.jpg


Rêveuse (détail) Renoir

23:45 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

11.02.2008

Ballades

C’est toujours à cet instant que les battements de mon cœur résonnent plus fort dans ma tête.
Je n’entends plus rien si ce n’est ces martèlements intérieurs.
Les gens défilent devant moi, ils filent comme des ombres, et soudain mon regard capte le sien. Tout s’arrête soudainement et tout ce qui m’entourait devient alors flou. Plus rien ou presque, n’a corps.

Seulement lui. Simplement lui et sa main dans la mienne.

Le soleil à Paris donne des couleurs à la ville, donnent des couleurs à la vie.
Elle est toujours plus colorée lorsque sa main est dans la mienne. Redécouvrir, les Buttes Chaumont sous le soleil, comme si le Printemps était déjà là. Regarder les gens courir, les enfants jouer à cache-cache avec les colonnes du Belvédère, admirer les toits de Paris. Et puis entendre soudain quelque chose qui arrête le temps, votre temps. S’envoler soudainement vers d’autres cieux et apprécier la douceur du soleil sur votre joue et celle de ses mains sur vos hanches.

Repartir l’après midi, vers le Jardin des Plantes, lui montrer les serres tropicales qui sont devenues un terrain de jeu pour beaucoup de photographes. Se dire, qu’il faudra revenir lorsque les allées seront plus désertes pour des photos et des instants précieux. En amoureux.

La Mosquée est pleine à craquer aujourd’hui, et ça devient rapidement étouffant. Il fait trop chaud, les conversations des autres résonnent soudainement plus fort et je me surprends à vouloir quitter cet endroit que j’aime. Il n’est pas comme je voulais qu’il soit pour une première découverte.

Reprendre ces petites rues et se rendre au pied de la Grande Bibliothèque. Le XIIIème est un arrondissement que j’aime bien. Tout en contraste. De petits immeubles, des petites maisons sur la Butte aux Cailles et puis ces grands ensembles abritant des magasins, des ateliers, des appartements… Une micro-ville dans une ville tentaculaire. On se sent soudainement très petit face à ces hauteurs d’immeubles et pourtant, avec Lui à mes côtés, je me sens entière et plus armée pour affronter ces géants de pierre et de verre.

Le soleil tombe derrière ces grandes façades et la fraîcheur du soir commence à nous surprendre. Nous arrivons sur l’esplanade alors que le ciel rosit et que les quatre tours s’illuminent.

Quelques heures passées dans le cinéma devant un joli film, et nous ressortons, je lui montre rapidement, trop peut-être cette bibliothèque que je fréquentais autrefois assidûment et nous rentrons. Le métro est désert ce soir…Une soirée douce et tranquille, de nouvelles discussions et de nouvelles découvertes qui assoient ce sentiment encore enfoui, que je ne suis plus seule.

Le soleil est toujours au rendez-vous. Il perce de ses rayons les rideaux de lin qui cachent mes fenêtres des regards de mes voisins. Repartir en ballade, au Père Lachaise cette fois. L’atmosphère de ce lieu est toujours prenante et comme à chaque fois, je deviens perméable. Je suis assaillie de part et d’autres par des émotions qui sont partagées par Celui qui m’accompagne. Je suis touchée de le voir soudainement si triste. Nous déambulons dans ces allées, le cœur gros, des larmes pleins les yeux et pourtant, oui pourtant, je me sens si apaisée à ses côtés.

A peine rentrés, qu’il faut déjà repartir vers cette maudite gare. J’aime pourtant cette horloge, je pourrai rester des heures à la contempler, mais aujourd’hui c’est un gouffre qui aspire celui que je ne veux pas laisser partir et que je voudrais garder prisonnier. S’il s’en va, je ne serais plus une mais une simple moitié.

Il est devenu mon geôlier, il a pris, je crois, les clés de mon cœur.

Les courants d’air sont toujours là, le soleil aussi.

Et les larmes sur mes joues.

14:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.02.2008

Alain a dit

"Aimer c'est trouver sa richesse hors de soi"

13:02 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

07.02.2008

Je fais mon cinéma

Dimanche soir, je suis allée voir Sweeney Todd, le diabolique barbier de fleet Street

Tim Burton, je l'aime beaucoup, parce qu'il a conservé un peu de fantaisie dans son esprit, c'est un doux-dingue et je l'aime bien. Je ne vous ferai pas un bref rappel de tout son talent et de ses élucubrations cinématographiques, oui, c'est un réalisateur particulier. Il a son monde à lui. Noir, un peu gothique comme disent les journalistes. Bref.

Ce film, je l'attendais avec impatience.

Parce que donc c'est le dernier Burton
Parce qu'il retrouve encore une fois Johnny Depp
Parce qu'il y a Helena Bonham Carter et Alan Rickman
Parce que c'est chanté

Et puis on nous dit à longueur de journée, que ce film est un chef d'oeuvre, que c'est le meilleur Burton...
Donc curieuse comme un vieux chat que je suis, je vais voir, non, vérifier cette rumeur.

Et là, comme vous vous en doutez, je suis déçue. Ma copine aussi d'ailleurs.

Outre la reconstitution de Londres (Magnifiquement glauque, dépravée... On s'attend presque même à voir Jack the Ripper sortir de ces entrailles/ruelles) et le couple Johnny/Helena ; et bien, le reste sonne très creux. Et non faux, parce que les bougres chantent plutôt bien.

Alan Rickman est sous employé, les autres personnages quasiment inexistants et surtout il n'y a pas de profondeur dans ses personnages. Si les décors sont très léchés, l'atmosphère très envoutante, les personnages semblent artificiels. Tout est prévisible, aucun incident ne perturbe cette sombre et esthétique peinture.

Seules les taches de sang (ressemblant à de la teinture Vermillon) viennent tâcher ce tableau.

Ce n'est bien sûr qu'un avis, si vous aimez l'univers fantasmagorique de Burton, vous adhèrerez probablement au film, mais ne vous attendez pas à retrouver la noirceur et/ou le cynisme qu'il avait mis dans Beetlejuice ou l'étrange Noël de Monsieur Jack... Et petit conseil, évitez de vous empiffrer avant d'y aller...


Sinon, je vous recommande Atonement (ou reviens-moi, qui est au passage une très mauvaise traduction...).
Le propos est très dur, mais les acteurs sont époustouflants et puis j'avais adoré le livre, alors...

Voilà, vous pouvez donc repartir vers d'autres lectures....

14:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

05.02.2008

Méditerranée

Réveil habituel et envie spontanée de lui montrer que je ne l'oublie pas.

Puis se prélasser dans son lit sous la couette de flanelle, regarder le soleil percer les rideaux de lin, la radio se met soudain en route et diffuse les douces notes d'un morceau de Madeleine Peyroux.

Lever tout en douceur...

Je cours sous la douche, (plus exactement je fais trois pas) pour me réchauffer, m'habille rapidement et file retrouver mes amies au pied de l'Institut du Monde Arabe .

J'ai décidé de marcher un peu ce matin.

Aucune envie d'être enfermée dans le métro. En ce moment, ce carrelage blanc, je le trouve terne, sans vie, sans âme.

Je débouche sur le boulevard Henri IV , puis sur le quai éponyme, un premier pont et là, j'aperçois ma ville telle que je l'aime.

La Seine brille, scintille, les coques des péniches vernies se reflètent sur les berges de l'Ile Saint Louis.

Le soleil m'apparait dans toute sa majesté : lumineux, chaud et éblouissant. Face à lui, sur ce pont, je me sens tout à coup minuscule.

Je dépasse rapidement le square et sur ma droite, j'aperçois le Pont de La Tournelle et sa Vierge guettant les passants ou les bateaux...

Je traverse rapidement les quais et retrouvent mes amies au pied de l'Institut. J'aime beaucoup ce bâtiment tout en transparence.

L'exposition que nous avons choisie est très intéressante et me rappelle pleins de choses que j'ai autrefois abordées lors de mes recherches. La Phénicie... Un pays et une civilisation mystérieuse.

Ce qui m'a le plus frappée dans cette exposition, c'est finalement de me rappeler qu'ils sont à l'origine de beaucoup de choses (l'alphabet notamment) qui ont été par la suite attribuées à d'autres grandes civilisations antiques : Grecs, Egyptiens...

Il est vrai que c'était une civilisation nomade et que peu de traces de leur art, de leur religion ou de leurs villes ont subsisté. Néanmoins, les vestiges exposés font preuve d'une parfaite maîtrise des outils et d'une connaissance stupéfiante des matériaux alors utilisés.

Cette incursion en Méditerranée s'est ensuite poursuivie à la librairie. Juste pour le plaisir de regarder les calligraphies de Salah, relire certains extraits de Gibran ou du Bréviaire Arabe de l'Amour.

A la sortie, le soleil nous accompagne toujours, et nous guide vers l'entrée du Jardin des Plantes.

Un pied à Paris et une oreille dans le Sud, nous arrivons devant ces grandes allées de pelouses, recouvertes de tulles pour protéger les plants. Les bananiers ont été coupés, mais le Dragon est toujours là.

La Mosquée est un endroit que j'affectionne. Certains qui viennent par ici vous le diront. J'y retrouve mes amis, des collègues et parfois des lecteurs. J'aime cet endroit parce qu'il est dépaysant, parce qu'il est coloré, parce qu'il est chaleureux et aussi parce que c'est délicieux ! (Je ne vous recommande pas les pâtisseries, non ruez-vous dessus! et puis si vraiment vous voulez déjeuner alors essayez le tagine Poulet-Olives-Citrons confits...)

Il fait beau et je n'ai aucune envie de m'enfermer dans une salle de cinéma pour voir les aventures d'un petit gaulois, nous partons donc pour la Grande Bibliothèque dans le 13ème. En bus, c'est plus agréable et puis on longe la Seine.

Ce quartier s'est transformé très vite. En 10 ans, les Moulins ont pratiquement disparu, des immeubles en verre ont surgi de partout et des boutiques dignes de Saint Germain narguent les chalands passant près de la Seine.

Après un tour sur l'esplanade de la Bibliothèque (ça me rappelle souvent les jetées en bois de San Francisco), nous nous engouffrons, frigorifiées par le vent, dans l'entrée de la Tour Ouest pour jeter un coup d'œil à des globes terrestres. Larges de 4 m de diamètre offerts à Louis XIV au 17ème siècle.

Mes vieux réflexes d'étudiante reviennent et je me plais à expliquer à mes amies la signification de cette iconographie...

Mais il est déjà temps de repartir.

En les quittant, je me dis soudain que je vais rentrer à la maison et qu'il ne sera pas là.
Une nouvelle fois, je sors de mon sac cette carte postale et je décide alors de la lui envoyer.

C'est dommage elle aurait été d'enfer dans ma salle de bains, mais je sais qu'elle sera encore mieux auprès de lui.

En attendant qu'il revienne.

12:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

30.01.2008

Note égoïste

57413ca3dd9ff705423f1ee368c65c18.jpg


Je sais, je sais...
Mais c'est pas grave, moi ça me plais...

13:58 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

28.01.2008

Paternité

Marcel Godin, dans Une dent contre Dieu, a dit " Etrange maladie que celle de la paternité. On se refuse à voir grandir et vieillir ses enfants, car on les voudrait, tant on les aime pour soi, toujours sous sa tutelle".

Parfois, j'ai grandi trop vite. J'ai appris très vite à m'occuper de moi, de mon frère, à être autonome, à grandir vite.

Je me souviens de ces deux maisons dans lesquelles nous avions effectivement tout ce que des enfants pouvaient rêver d'avoir : les consoles, les vélos, les livres, les CD .... On a appris avec mon frère à jouer, mais aussi à sortir et découvrir le monde qui nous entourait.

Avec ou sans nos parents. Ma maman a été là, à nos côtés dans les bons et les mauvais moments. Lorsque nous faisions des bêtises, lorsque nous nous disputions, lorsque nous grandissions. Elle est encore là, à mes côtés, elle m'aide à prendre mes décisions, sans pour autant me dire quoi et comment faire.

Tout le contraire de mon père.

Aujourd'hui, j'ai constaté une chose. 42 jours sans lui parler, sans lui dire ce que je fais, sans lui parler de mes décisions., et même si cela me pèse (et me peine) je me sens sereine.

Sereine car je n'ai pas à justifier ni mes choix, ni mes décisions. Que je n'entends pas, dès que j'explique mes projets, que je fais n'importe quoi, que je suis entourée des mauvaises personnes....

C'est difficile quand même, de m'imposer ce silence et plus encore de le lui imposer, mais là, je ne peux plus accepter et prendre dans le ventre ces coups qu'il m'inflige parce qu'il s'est rendu compte que je n'avais pas, non plus, besoin de son approbation pour grandir et être celle que je suis aujourd'hui.

Je comprends tout à fait qu'il aurait voulu pour ses enfants une vie plus facile : passer des concours, se marier à 22 ans, avoir des enfants à 25 ... Mais ce n'était pas dans dans mes ambitions ni mes envies.

C'était ce qu'avait fait mes parents justement, et je les voyais s'étriper des heures au téléphone...

Je voulais faire des études, même si je savais que je devrais travailler pour pouvoir réaliser ce projet.

Je me suis débrouillée, ma mère a été là pour me soutenir, même si parfois, elle n'était pas d'accord.
Mon père m'a reproché pendant mes 5 années universitaires de ne pas me construire un avenir. Il n'avait pas complètement tort puisqu'aujourd'hui, je ne suis ni professeur, ni chercheur, ni journaliste. Cela dit, ça ne m'empêche pas de travailler et de faire quelque chose qui me plait.

Je pèche par orgueil. Je le sais. Mais je l'assume et j'assume les choix qui en découlent.

Mon père m'a toujours reproché de vouloir des choses qu'il juge inaccessibles : vivre à Paris, être indépendant, aller au musée, voir du pays, voyager...

C'est perturbant de savoir que quoiqu'on fasse on sera jugé par rapport aux autres enfants...

J'ai toujours recherché dans mes relations un substitut à mon père, à l'autorité. Je l'ai trouvé un peu dans mon grand-père, un peu dans mon collègue, un peu dans mes amies. Et plus particulièrement, chez celle qui a vous laisse prendre une décision, sans juger.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop comment faire. Parce que je voudrais bien pouvoir lui parler mais j'ai toujours au fond de moi de la colère.

Alors, je crois que je vais attendre... De toute façon, en ce moment, je ne dois qu'attendre.

Oui, je sais c'est facile. Je ne prends pas de risque, mais peut-être justement que j'en ai trop pris avant.

Des risques

16:55 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

24.01.2008

Rest In Peace

bd106b0652e33a4f55eb2d3c9f768884.jpg


Voilà, mon nouveau James Dean est parti.
Le rejoindre justement. A 28 ans.

Image tirée de I'm not there

09:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

23.01.2008

Il est des jours où...

je ferai mieux de rester couchée !

Pourtant cette journée s'annonçait dans les meilleures dispositions. Pratiquement huit heures de sommeil ininterrompu, avec un réveil tout doux, la tête encore ailleurs.
Mais justement, ne voulant pas sortir de ces jolis rêves, je me suis rendormie. Et c'est là que tout commence...

Les klaxons dans la rue, le pied qui fonce dans un coin de meuble (ça fait très mal, et non je ne suis pas douillette), pas le temps de prendre une douche salvatrice.

Je me dépêche de me réveiller avec de l'eau mais je me trompe de robinet, je manque de m'ébouillanter (non, je n'exagère pas), je fais tomber l'intégralité de ma tablette dans le lavabo, risquant du même coup une syncope, car j'ai cru avoir brisé mon flacon de parfum...

Je crie un bon coup, remets tout à peu près en place mais ça ne va pas... Mon côté "Chaque chose a sa place, chaque place a sa chose" me titille les neurones. Alors, encore en sous-vêtements, alors que je devrais être partie, je range tout mon bazar et en profite pour nettoyer cette maudite tablette.

Je me rassoie au pied de mon lit, manquant de tomber à cause du cordon d'alimentation de mon ordinateur qui traîne par terre, et enfile mon collant. Je le file évidemment. Non ne rigolez pas, c'est pas drôle. En fait si, c'est hilarant pour celui qui ne le vit pas.

J'en cherche un autre, finit par vider le contenu de mon armoire (non je ne m'énerve pas) et en trouve un. Il n'est pas comme je veux mais tant pis. Hop, une jambe, hop la deuxième. C'est bon, j'enfile mon pull, cherche les boucles d'oreille. Me demande quelles chaussures je vais mettre...

Et là, alors que je trouve la solution à tous mes problèmes (existenciels n'est-ce pas?) je m'aperçois que je n'ai pas de jupe. Ennuyeux... Pourtant je l'ai sortie.

Je rouvre mon armoire, farfouille à droite, farfouille à gauche. Rien.
Je regarde dans le bas de mon armoire, on ne sait jamais. Encore rien.
Je me retourne, regarde sur mon petit fauteuil. Toujours rien.

Là, j'ai vraiment un gros problème, il est 8h45, je suis toujours chez moi en collant sans jupe et je dois partir. Mon lit n'est pas fait, en plus! Là éclair de génie (et oui, parfois ça arrive) je soulève la petite polaire, puis le boutis et enfin la couette, et enfin je retrouve l'objet de mon affliction.

Hop, la jupe, hop les bottes, le gilet, le manteau, le sac...

Où est ma carte Orange ? Je deviens folle...

A ce moment là, je me dis que je ne suis plus à 10 min, donc, je fais mon lit, en réfléchissant où j'ai pu laisser ma carte de transport. Une fois le boutis bien remis à sa place, je reprends mon sac et retrouve ma carte à sa place... Et le thé? Au bureau, faut quand même pas abuser non plus de la patience de mon supérieur.

Je sors, prends les escaliers qui viennent d'être cirés....

Et oui, je finis les fesses par terre, morte de rire aux pieds de mon voisin. Il est toujours là quand il faut celui-là....

Dans ces moments-là, je me dis qu'il vaut mieux pour moi, je sois toute seule à la maison.

14:10 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note

22.01.2008

1 retrouvaille et 2 départs

Paulo Coelho disait dans l’Alchimiste « Les hommes rêvent du retour plus que du départ »

A cet instant, en effet, alors que je regarde mon thé s’assombrir, je voudrais que le temps s’arrête. Qu’il reste là. Prisonnier de ma ville, prisonnier peut-être aussi de mes bras. Mais le temps court plus vite que mes pensées et que mes envies, il ne m’appartient pas et je le laisse filer. Ecrire rapidement un petit mot, le glisser dans un dvd, le mettre sans son sac et se préparer à partir. Une dernière étreinte et je ferme la porte.

D’ailleurs, il faut que je me dépêche car nous allons la faire attendre et ce n’est pas le jour pour ça.
Je suis tellement rassurée de pouvoir la voir car après ces quelques jours que je devine éprouvants, je ne veux pas la décevoir. Lui montrer que je suis effectivement là. Discrète, peut-être surannée, mais avec elle.

C’est sa fête en plus aujourd’hui, il ne faut pas oublier. Nous pensons à des fleurs, mais ça ne serait pas très pratique pour le train, alors je vais improviser. Le métro encore. Je m’agrippe à sa main, je respire son parfum, je me dis que je suis complètement dépassée…

Arrivés à l’heure sur le parvis de cette gare que j’aime et que je déteste. Elle me reprend toujours ceux qui comptent.Je file à l’intérieur à la recherche d’une petite carte, farfouille dans les rayonnages, finit par trouver et là, son nom s’affiche sur mon téléphone… Battement de cœur.

Je ressors et la trouve emmitouflée dans son manteau un peu grand. Elle est fatiguée et pourtant je la trouve apaisée. Inquiète encore, mais plus sereine. Je suis heureuse de la voir. Je l’écoute parler de son ami. Avec emphase, avec affection, avec tendresse. Je comprends alors pourquoi, elle a eu besoin de s’isoler et je me reproche soudainement de l’avoir peut-être dérangée. Je retrouve des expressions que je lui connais, devine ces réactions. Je m’amuse aussi de les voir se taquiner tous les deux et je suis contente de voir leur complicité.
L’heure file encore… Nous allons manger dans un petit café avenue de Lyon. Rapidement car le train ne doit pas partir sans eux, même si je souhaiterai prolonger cet instant.

Mais poursuivre un départ c’est prolonger une séparation…

La serrer dans mes bras, essayer de lui apporter un peu de chaleur car je devine le cœur qui s’emballe dans sa poitrine et le sanglot qui grossit dans sa gorge.

Et puis, oublier le vent, le bruit, les gens. Ne regarder que lui. Examiner chaque parcelle de son visage. Passer mes doigts dans sa barbe qui pique. Sentir encore son parfum. L’étreindre une dernière fois. L’embrasser et puis rire pour ne pas pleurer. Je ne suis plus une petite fille… Enfin presque.

Le sifflet puis la sonnerie retentissent, les portes se ferment, un dernier signe de main, je tourne la tête quelques instants. Ils s’en vont. Il repart.

Je tourne le dos à ce maudit train et libère alors les larmes qui se cachaient. J’enfouis le nez dans mon écharpe, affronte les courants d’air et sort de cette gare.

Le pont me tend les bras, le soleil tente une percée dans ce tapis cotonneux. Sans succès.

07:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

21.01.2008

Ces moments-là

Le cœur est parfois beaucoup plus patient que notre Raison.Il supporte mieux l’attente, il n’angoisse pas, il se laisse porter par le rythme de sa mécanique, il s’emballe lorsque l’heure approche mais il ne doute pas.
Une semaine à attendre son arrivée et j’ai cru tomber de fatigue. L’estomac retourné par l’angoisse et l’inquiétude mais également par l’impatience de le retrouver et l’envie folle de nicher mon nez dans son cou pour sentir ce parfum acidulé.
Cachée derrière le bout du quai, je le guette. J’aperçois rapidement sa silhouette. Même sans lunettes, je l’aurai reconnue. Un simple sourire, une main sur les hanches, un doux baiser et je me sens bien. Prendre sa main dans la mienne, la serrer. La lâcher pour la reprendre comme un petit garçon s’agrippant à la ficelle de son ballon gonflé d’hélium. De peur qu’il ne s’envole.
Prendre le métro, rentrer chez soi, guetter ses expressions quand il découvre mon quartier puis mon appartement. Appréhender un peu cette première soirée et puis finalement laisser les choses se placer d’elles même. Le laisser le matin suivant pour essayer des robes de mariée avec son amie, l’aider à la choisir et se dépêcher de rentrer. Pour le retrouver sagement en train de lire… Décidément. Se reposer quelques instants, profiter de ses bras, avant de repartir vers Montmartre.
Descendre la rue de Belleville jusqu’à la station du même nom, lui montrer les bizarreries de cette rue insolite.
Barbès, Pigalle et Anvers. Surpris par la foule qui grouille auprès des marchands de tissus. Prendre la direction du Sacré Cœur. Main dans la main.J’aime cet endroit où tout brille et pourtant où tout paraît si simple, si authentique. Monter ces marches, arriver en haut de la colline et contempler Paris. Oui, c’est vrai qu’elle est belle cette ville. Ma ville. Et tu es là. Elle est donc encore plus belle aujourd’hui.
La basilique, la Place du Tertre, rue de Norvins, Place Dalida, Allée des Brouillards. S’asseoir sur un banc dans ce square, regarder les enfants jouer sur ces portiques que j’adorais … Et puis l’écouter amusée, émue parfois aussi. Boire ses paroles qui sont rares mais toujours justes.
Poursuivre cette promenade dans ces rues tranquilles et si cossues, partir à la recherche du Moulin de la Galette… Le trouver enfin pour y découvrir une histoire assez dure de torture. Tourner le dos au passé pour revenir au présent.
Descendre par les Abbesses, reprendre le métro à Pigalle. Là où les Marins doivent faire escale. Parfois. Mais, tu ne t’y arrêteras pas. Pas aujourd’hui en tout cas.
Le métro de nouveau, se reposer, la tête sur son épaule, je souris en voyant notre reflet dans la vitre.
Je pense aussi à mon amie, à cet instant, je me demande si elle va bien.
Concorde. L a grande Roue, l’Obélisque et le Musée de la Marine… Encore, elle le poursuit de ses assiduités. S’asseoir dans ces fauteuils métalliques près du bassin. Le vent se lève, l’eau vient nous fouetter le visage. Se lever et repartir vers le Louvre. J’aime la Lumière à cette heure-ci. Deviner qui représente ces statues. Se taquiner encore au pied de la Pyramide.
Lui montrer un de mes endroits confidentiels et s’arrêter quelques instants sur la pointe du square du Vert Galant. Les bateaux mouches passent éclairant la voûte des ponts, faisant onduler la Seine s’assombrissant avec la nuit tombante. Paris s’éclaire et tout prend soudainement une dimension magique. Goûter ses lèvres…
La Tour Eiffel va bientôt scintiller, guetter cet instant dans une des niches du Pont Neuf. Il fait froid, je resserre l’écharpe que je lui ai prêtée. Le rose, lui va plutôt bien. Rire, devant sa mine dépitée d’avoir un truc de fille autour du cou.
Poursuivre la marche vers Saint Michel en passant par l’intérieur de l’Ile de La Cité. Tout est soudainement si calme, si sombre…
Entendre une chanteuse faire des vocalises, et voir soudainement déboucher devant nous Notre Dame. Resplendissante dans sa robe de pierre blanche.
Traverser le pont, retrouver ses points de repère. Ancien lieu d’attente de rencontre, de vie étudiante. Prendre ces petites rues à l’abri de la foule et déboucher soudainement devant un pub irlandais. J’adore, le regard qu’il a. Il se sent bien, je crois. C’est mon plus grand plaisir.
Il part au comptoir commander ce qu’il aime. Et nous discutons encore… J’aime lorsqu’il me parle de ces voyages, de ces soirées, de ces souvenirs. Oui, j’aime ces instants.
Finir ce verre, réchauffés nous pouvons de nouveau ressortir affronter la foule quelques instants avant de reprendre les quais en direction de Jussieu.
S’arrêter quelques instants au pied du Pont de la Tournelle, contempler l’Ile saint Louis et ses murs tordus, l’arrière de Notre Dame, regarder ces couples d’amoureux qui piquent niquent le long du quai malgré la fraîcheur du soir. Avoir des nouvelles de notre amie et lui donner RDV pour se voir le lendemain. Au moment du départ qui commence à me chatouiller l’estomac.
Monter les marches et se retrouver face à la Tour d’Argent. Oui, ce n’est que ce bâtiment.
Remonter vers la rue Monge et gagner la contre Escarpe Mouffetard, discuter, encore et découvrir que nous avons les mêmes sensations, le même ressenti…
Arrivés sur la place, nous regardons l’agitation de cette rue. Je le regarde encore amusée. J’aime voir cet air surpris qu’il a devant ce spectacle citadin.
S’installer dans ce petit restaurant japonais, et discuter encore… La fatigue me surprend tout à coup, je me plais à m’imaginer déjà chez moi, au creux de ses bras.
Il n’est pas très tard, et pourtant nous rentrons. Je m’assoupis dans le métro sur son épaule. Réconfortante, solide, douce.
Les cheveux et les yeux endormis, il me réveille à notre station. Les escaliers me tendent les bras et c’est dans ces moments-là que je souhaiterai avoir un ascenseur.

Rentrer, s’allonger pour finalement s’endormir…

A cet instant je ne voudrais plus me réveiller.

14:57 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

10.01.2008

Départ

Le sommeil retrouvé, s’amuse ce soir à jouer à cache-cache avec ses yeux.
Ils se ferment, puis s’ouvrent.
Contemplent le plafond parsemé de ces étoiles phosphorescentes.
Puis se referment, espérant l’apercevoir au détour d’un de ses rêves.

Demain enfin, elle saura qu’elle pourra enfin toucher ses mains, sentir son parfum, serrer dans ses bras, poser ses mains sur sa taille, caresser sa joue et poser sa tête contre ce cœur.
Cœur qu’elle devine et qu’elle espère battant pour elle.

Demain, arrivera vite, mais pour l’instant, il se fait encore désiré.
Ce lendemain.

Le réveil n’a pas encore sonné, qu’elle est déjà debout.
Une longue douche s’impose. Chaude pour dénouer ces muscles endoloris.

S’endormir sous la douche, baisser la tête, se reposer un peu.

Sortir de ce bain de vapeur artificielle, revenir sur terre.
S’habiller rapidement. Finir ses bagages.

Il est trop tôt pour partir…

Décider de prendre un thé, mettre un peu de musique. Respirer.

Prendre ce sac qui a vu déjà tant de choses, et l’emmener avec soi pour une nouvelle aventure.
Et si c’était la plus grande.

Partir, quitter son studio, car on se sent étouffée, prisonnière. Il est encore beaucoup trop tôt mais tant pis.

Prendre le métro, et vouloir déjà être là bas.

Encore quelques heures à attendre.

Prendre un café, ouvrir ce livre et regarder passer les gens. S’imaginer leur vie, leurs histoires.
Les gares sont romantiques, elles donnent envie d’écrire, de rire, de pleurer. Tous ces gens qui se quittent et se retrouvent. Des amis, des amants, des parents, des amoureux…

Ecouter les annonces. Tiens c’est à nous de monter dans le TGV.

Enfin…

00:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.12.2007

Pensées...

Noël est déjà là...

Ce soir, nous serons probablement réunis autour d'une jolie table.
Les gens de notre famille ou bien nos amis, nos voisins, collègues de travail...Les personnes que nous auront choisies.

Nous serons au chaud, quelques chants de Noël résonneront peut -être dans la maison, le sapin ccontinuera de clignoter, les cadeaux s'échangeront à minuit. A moins, que vous n'ayez accompagné vos parents et/ou grands parents à la Messe de Minuit ou que vous soyez en train de courir après votre cher ange d'un an trottinant plus vite que de raison dans toute la maisonnée.

Qu'importe vous serez avec ceux que vous aimez.

En cette veillée de Noël, je voudrais juste avoir une pensée pour ceux qui ne sont pas là et qui pourtant sont bien ancrés dans mes pensées et dans mon coeur.

Je voudrais aussi avoir une pensée pour tous ceux qui vont travailler ce soir (par choix ou par nécessité) et qui ne seront pas avec leur famille.

Et puis, même si cela ne changera rien, que cette action n'aura aucune incidence, je voudrais juste que nous ayons l'espace d'un instant une pensée pour tous ceux et celles qui seront dans le froid cette nuit....

12:17 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

21.12.2007

Un Lutin à Paris

J'ai retrouvé hier un Lutin à Paris.
Sur la place devant le métro Jussieu.

Avec un peu de retard, je suis arrivée, le bout du nez gelé et les doigts frigorifiés.
Je l'ai emmené boire un thé à la Mosquée.

C'était très amusant de voir son regard se poser sur les azulejos des murs ou sur les lustres ou sur les plateaux dorés. Ce lieu, je le connais par coeur, c'est devenu ma Madeleine.

Ce qui l'a beaucoup amusé, ce sont les moineaux qui trouvaient refuge au plafond de la salle.

Il les a même immortalisés.

Une jolie rencontre et de belles discussions à venir !

13:04 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

20.12.2007

La roseraie

Je me souviens de cette jolie roseraie au crépuscule. Le soleil orange tombant sur les fleurs endormies et lourdes de l’eau d’arrosage. Je me souviens de ce parfum si particulier des roses blanches et de l’herbe mouillée. Je me souviens de cette troupe de comédiens que nous suivions aveuglément dans les allées gravilloneuses de ce jardin. Je me souviens de cette histoire qu’on ne raconte plus aux enfants….

Je me souviens de ces roses blanches, roses, rouges, orangées marbrées ; de ces pieds de rosiers bien ancrés dans le sol, pétris de convictions. Prisonniers de ces filets métalliques qui capturaient leurs branches chargées de fleurs pour rejoindre le rosier situé de l’autre côté de l’allée, avec pour seul objectif de créer une tonnelle de fleurs au dessus de ces bancs de pierre. Plaisir des yeux, bonheur du nez.

Ce rosier illustre mes sentiments quand je partage quelques instants, trop rares, avec lui.

Bien ancrée dans mon terreau de convictions. Ses mots et attentions forment autour de moi un filet d’envie auquel je m’agrippe sans crainte. Et les branches fleuries de mes sentiments s’y enroulent avec insouciance.

Bernanos disait « L’espérance est un risque à courir »

L’espoir que tu soies là est un risque. Peut-être diront certains. Sûrement diront les autres.

Mais pour moi, c’est plus qu’un risque.

C’est une évidence.

0a1a9bdca6858697a8eb67976c00a2c2.jpg

13:21 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

18.12.2007

D'hiver...

De quoi pourrais-je vous parler ici aujourd'hui ?

Je pourrais vous raconter mon WE avec mon petit bout de chou, mais non.
Je pourrais vous parler de ma future aventure professionnelle, mais pas encore.
Je pourrais vous parler de lui, aussi... Mais non, ça c'est mon jardin secret.
Je pourrais aussi vous suggérer deux trois petites choses à faire en ce moment pour vous sortir un peu la tête des cadeaux de Noël ou livres de cuisine.

Alors si vous avez l'occasion d'aller aux Galeries du Grand Palais, je vous recommande vivement L'exposition de Gustave Courbet.

Vous savez c'est celui qui a peint L'Origine du Monde, ce fameux tableau représentant le sexe d'une femme. Et juste le sexe de cette femme. A l'époque, ce tableau avait fait scandale, car il défiait toutes les règles picturales alors établies.
C'est d'ailleurs, la force de l'oeuvre de Courbet la remise en cause des règles. Représenter une scène de la vie quotidienne (Enterrement à Ornans) sur une toile gigantesque digne des représentations d'épisodes mythologiques. C'est ce que j'ai aimé sur cette toile. Mettre une scène anodine sur un tableau digne du Couronnement de Napoléon de David. Vous voyez ?
Et puis cette façon qu'il a de représenter les choses naturellement sans artifices, sans condescendance. Simplement, c'est très émouvant. L'exposition est très bien découpée, selon les différentes phases et laisse découvrir une oeuvre très riche et très variée.

Vous avez jusqu'au 28 janvier pour vous y rendre. (Pour en savoir plus cliquez )

Si vous aimez les femmes, rendez-vous au Musée de l'Homme pour découvrir l'exposition Femmes du Monde de Titouan Lamazou.
Je ne connaissais pas très bien le travail de cet explorateur, mais j'ai été émue par tous ces dessins et que dire de ses photos. Et lorsqu'à la sortie de l'exposition vous tombez nez à nez sur le dessinateur...
Je ne vous en dévoilerais pas davantage, je préfère que vous y alliez, c'est vraiment un moment à part. Comme si le temps était suspendu face aux regards de toutes ces femmes.

Vous avez jusqu'au 30 mars...

Si vous ne voulez pas vous enfermer dans un musée ou un théâtre, vous pouvez aller vous promener au Jardin du Luxembourg ou mieux encore au Jardin des Plantes, comme ça si vous sortez du côté de la rue de Linné, vous pourrez aller boire un délicieux thé à la menthe. Et puisque vous êtes gourmands, dégustez une de leur pâtisseries...

Bonne journée !

13:55 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

15.12.2007

Si c'était à refaire

Je me souviens encore de cette tonnelle de chèvrefeuille que nous avons quittée un jour, mon frère, Maman et moi.C’était un vendredi soir d’août. On déménageait pour la première fois, et nous t’avions laissé là. Sous cette tonnelle.
Nos retrouvailles, comme nos Au Revoir, se sont toujours faits près du chèvrefeuille.

C’est difficile de grandir sans son père. Ce n’est pas insurmontable mais vous avez toujours l’impression qu’il manque quelque chose : une personne à table, en face de votre mère.
Un siège vide lors des réveillons.
Une absence lors des spectacles de fin d’année.
Une voix plus grave, plus forte lors des bêtises.
Et pourtant, tu étais là, vivant à quelques kilomètres de nous….

Tu n’as pourtant jamais fait le moindre effort pour nous expliquer ce qui se passait, tu venais nous voir, mais jamais tu ne parlais.

C’est installé alors une relation d’habitude : on arrivait le vendredi soir, on rigolait un peu avec le chat, nous regardions les nouveaux jouets, les nouvelles chambres, cette nouvelle maman qui parfois nous terrorisait par ces accès de colère.

Le samedi, nous faisions nos devoirs tous seuls parce que tu ne comprenais pas, ou bien tu allais jouer au tennis avec tes collègues que tu voyais déjà toute la semaine. C’est comme si tu nous fuyais Papa.

Et puis le dimanche arrivait, la promenade dans le parc, les vélos qui se coursent avec mon frère, vite il faut rentrer.

Pour repartir.

Combien de week-ends avons-nous passé à nous regarder sans discuter ? A parler sans s’écouter ? A vivre ensemble mais rien partager ?

Où étais-tu Papa lorsqu’on a eu besoin des tes bras pour être réconfortés ?

Aujourd’hui, tu veux t’occuper de nous. Mais Papa, il est trop tard, nous avons grandi, nous sommes adultes et nous avons appris à vivre sans attendre ton approbation, encore moins tes conseils. Nous t’avons aimé enfants, parfois nous nous surprenons aujourd’hui à vouloir t’éviter.

Et pourtant, dans un coin de mon cœur, je t’attends encore et toujours, sous cette maudite tonnelle de chèvrefeuille.

22:07 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

13.12.2007

Racines

"Mes racines sont profondes
Eles ont traversé l'onde
Et perforé la pierre
D'une fin de terre
Elles ont tissé leur toile
Sous un ciel sans étoiles "

Ce sont les paroles d'une chanson de Renan Luce que j'aime particulièrement.

Parce qu'elle est mélancolique, parce qu'elle est poétique, parce qu'elle parle finalement de ces rencontres qui font que nous devenons nous.

Parfois, c'est vrai, vous faites des renconctres inopportunes qui changent complètement votre vie : vous reprenez confiance en vous, vous changez d'orientation professionnelle, vous rencontrez une grande soeur...

Les personnes avec lesquelles vous travaillez ne sont pas que des collègues, ça devient aussi vos confidents, vos conseillers, vos plus fidèles amis. Avec eux, ça se construit doucement, sur la durée, et une fois que les soucis professionnels ont disparu, une amitié naît.

Et puis parfois, vous n'avez pas besoin de temps pour savoir que cette complicité va transformer votre vie.

Parfois, c'est vrai, une seule phrase, un seul clin d'oeil vous font comprendre que vous avez trouvé une amie.

Même si les caractères sont différents, les modes de vie opposés, les années plus importantes, les envies dépareillées, vous savez que cette boule d'énergie sera toujours à vos côtés.

Chaque retrouvaille, chaque conversation partagées vous renforce dans cette conviction que vous n'êtes plus seuls.

C'est difficile parfois à concevoir que quelqu'un que vous ne connaissez pas puisse devenir votre confident, une personne aussi importante que ceux qui vous côtoient et pourtant...

Ce sont justement ces rencontres là sincères, véritables, authentiques, sans artifice qui posent les bases d'une amitié qu'on voudrait avoir eu plus tôt. Parce qu'on se dit que la vie aurait été plus douce.

Parfois finalement, il n'est pas besoin de 3, 10 ou 30 ans pour savoir que vous avez une amie sincère à vos côtés.

5 min à prendre à café et quelques heures au téléphone auront suffit à m'en convaincre.

Et aujourd'hui, j'ai rajouté une branche solide à mes racines.

12:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

12.12.2007

Embrassée par la pluie

Il fait froid ce matin. Très froid. Et pourtant, en foulant les feuilles des tilleuls jaunies par l'hiver, le sourire aux lèvres et le coeur léger, j'avance doucement dans les allées du Jardin des Plantes.

Je passe devant les grandes serres tropicales, dont les vitres rosées reflètent le ciel cotonneux. Je dépasse ce magnifique cerisier japonais anesthésié par le froid. Si je continue par ce sentier, les gingkos vont apparaitre devant moi. Leurs branches vides entremêlées dans les bras tendus des pins. Mon acuité est décuplée, comme ma sensibilité. il faut que je te montre tout ça.

Ses mots résonnent encore dans ma tête, et partent chaque jour un peu plus ardemment à l'assaut des battements de mon coeur.

Sa voix panse mes blessures et son regard m'électrise.

Il n'est pas là, et pourtant...